Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

11/06/10 à 09:35 - Mise à jour à 09:35

Les fonctionnaires, grands perdants de la crise ?

Sabrer dans le salaire des fonctionnaires ne revient-il pas à sabrer dans notre croissance future ? La question est posée et le débat ne fait que commencer.

Les fonctionnaires seront-ils les grands perdants de la crise ? La question, loin d'être académique, est posée à travers toute l'Europe. La réponse est "oui !" pour plusieurs pays d'Europe.

La Grèce a supprimé ou raboté les 13e et 14e mois des fonctionnaires. Leurs confrères espagnols sont descendus dans la rue pour manifester contre une baisse de 5 % de leur traitement. L'Irlande, afin d'amadouer les marchés financiers, a fait fondre la paie de ses fonctionnaires de 15 % en moyenne. Quant à la Grande-Bretagne, son Premier ministre vient d'annoncer que les services publics allaient être mis à contribution. Pour mieux faire passer la pilule aux fonctionnaires britanniques, David Cameron a opté pour la vieille tactique de l'exemplarité : il a diminué son salaire et celui des ministres du gouvernement de 5 %.

En Belgique, pour cause d'élections, on n'en parle pas ou à mots feutrés. Cela n'empêche pas, par exemple, la Fédération des entreprises de Belgique d'indiquer la voie à suivre au futur gouvernement. Selon la FEB, notre beau pays, du fait de sa complexité et de son empilement de pouvoirs fédéraux et régionaux, emploierait 70.000 fonctionnaires en trop par rapport à des pays voisins comme la France, les Pays-Bas et l'Allemagne. La fédération patronale y voit un gisement d'économies à réaliser de l'ordre de 5 milliards d'euros.

Bien entendu, cet "assaut", si je puis dire, contre les fonctionnaires en Europe ne tombe pas du ciel. Il est le résultat direct des attaques des marchés financiers contre les pays les plus endettés de la zone euro. Des attaques qui conduisent à imposer des potions amères aux fonctionnaires.

L'idée derrière la tête des gouvernements, c'est qu'en prescrivant une diète aux fonctionnaires, cela déteindra automatiquement sur les salaires du secteur privé. Est-ce la bonne voie à suivre ? Ne faut-il pas, au contraire, davantage de policiers et d'infirmiers, par exemple ? Ne plombera-t-on pas la consommation, au risque de ralentir plus encore la demande interne ?

Bref, sabrer dans le salaire des fonctionnaires ne revient-il pas à sabrer dans notre croissance future ? La question est posée et le débat ne fait que commencer.

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