Johan Van Overtveldt
Johan Van Overtveldt
Johan Van Overtveldt is hoofdredacteur van Trends.
Opinion

07/10/13 à 14:39 - Mise à jour à 14:39

Les États-Unis sur le point de déclencher une nouvelle catastrophe économique ?

L'impasse autour du plafond de la dette américaine est extrêmement dangereuse. Assistera-t-on à une nouvelle onde de choc, la quatrième en cinquante ans ? Le plafond de la dette américaine constituera-t-il la quatrième feuille du trèfle après la chute du Mur, le 11-Septembre et la faillite de Lehman ?

Il semble pourtant tout à fait impensable qu'il n'y ait pas de solution au problème du plafond de la dette américaine. Désormais, chacun sait que le 17 octobre prochain l'état américain se heurtera à ce plafond de 16.900 milliards de dollars de dettes. Pour dépasser cette limite, il faut une loi qui relève ce plafond. Si cette loi se fait attendre, il y a deux possibilités. Soit l'état américain fait faillite (car il ne sera plus capable de payer ses factures) soit un tour de main juridique soutenu par la banque centrale, la Fed, permettra de garder le navire à flot pendant quelque temps encore.

En cas de faillite, la suite ne nécessite aucun commentaire. La plus grande économie, et la machine militaire la plus puissante du monde, en faillite provoquera une onde de choc qui se sentira partout. Les déclarations de Christine Lagarde, la présidente du FMI, ne laissent aucun doute là-dessus. La crédibilité de la prise de décision politique aux États-Unis a baissé à vue d'oeil. La propagation de cette défiance de la politique dans le reste du monde n'est qu'une question du temps et ne manquera pas de raviver la crise de la zone euro. Les pays tels que le Brésil, l'Inde et la Chine seront sous pression pour prendre d'importantes décisions politiques. Les hésitations et décisions boiteuses seront immédiatement pénalisées par les marchés financiers.

Même si on évite la faillite totale et que l'état américain garde la possibilité de satisfaire ses créanciers, les dommages seront toujours considérables. Là aussi, il s'avérera que l'élite politique du pays le plus important du monde n'est plus capable de prises de décisions consistantes. Dans un certain sens, ce scénario est même pire que le scénario de faillite puisqu'une éventuelle solution temporaire créative diminuerait la pression sur les politiques et mènerait à un combat d'usure interminable.

Il reste fort probable que le bon sens et le sentiment du devoir élémentaire priment et que le problème du plafond de la dette soit résolu correctement. Pourtant, le quart de siècle écoulé nous prouve que l'impensable devient parfois réalité.

Ainsi, même si la chute du Mur du Berlin et l'implosion de l'Union Soviétique en 1989-1990 étaient impensables, elles ont eu lieu. Même le service de renseignement CIA ne les avait pas tout à fait vues venir. Plus de dix ans après, le 11-septembre, que l'on n'avait pas vu venir non plus, a exercé un impact énorme sur tout ce qui s'est passé depuis dans le monde. Même chose pour le troisième événement impensable du demi-siècle écoulé, la faillite des Lehman Brothers le 15 septembre 2008. Depuis, la Grande Dépression des années 1930, les banques avaient décidé de ne plus laisser les grandes banques partir en faillite. La chute de Lehman a été, à nouveau, l'impensable transformé en réalité douloureuse.

Si l'élite politique des États-Unis ne fait rien pour sauver l'état américain, l'impensable sera à nouveau vrai. Tout comme les trois fois précédentes, les conséquences seront ravageuses. Mais parce qu'on dit jamais deux sans trois, on continue à espérer qu'une telle situation en se produira pas quatre fois.

Nos partenaires