Lire la chronique d'Amid Faljaoui
Lire la chronique d'Amid Faljaoui
Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

02/04/14 à 14:40 - Mise à jour à 14:40

Les effets pervers des taux d'intérêt bas

Depuis que la crise a éclaté, il y a six ans maintenant, les banques centrales ont tout fait pour éviter que cette crise financière ne dégénère en crise fatale. Ainsi, ces banques centrales ont fait en sorte de maintenir les taux d'intérêt les plus faibles possibles, partant du principe que des taux d'intérêt très bas sont bons pour relancer l'économie. Des taux d'intérêt bas sont également très bons pour des Etats super-endettés puisque leur charge d'intérêt à rembourser sera plus faible.

Sur ce volet-là, les banques centrales ont bien rempli leur rôle de pompier de nos économies mais le problème avec cette solution des taux d'intérêt bas, c'est qu'elle dure depuis trop longtemps, et qu'au final, cela provoque des effets pervers. Le premier effet pervers est d'ailleurs voulu, il s'agit en quelque sorte d'euthanasier l'épargnant qui n'a quasi plus de rendement sur son livret d'épargne... puisque l'inflation lui enlève tout son rendement. Au point qu'on peut dire qu'aujourd'hui, la moitié des livrets d'épargne en Belgique sont taxés à hauteur de 100% par l'inflation ! Tant mieux pour les banques qui ont des dépôts pas chers, mais tant pis hélas pour les épargnants !

L'autre effet pervers des taux d'intérêt bas n'est pas voulu mais il est quand même là. En effet des taux d'intérêt trop bas finissent pas créer du chômage massif... Comment ? C'est simple, les entrepreneurs font un calcul tout simple avant d'investir : ils regardent si leur nouvel investissement va leur rapporter plus que le coût de financement, et si c'est le cas, alors ils feront l'investissement en question ! Logique, très logique. Oui, sauf que quand les taux d'intérêt sont très bas, les calculs sont faussés. Primo, comme le coût de financement est très faible, l'entrepreneur peut être tenté de se lancer dans des projets à rendements faibles, donc foireux, sous prétexte que de toute façon le coût en terme de taux d'intérêt est plus faible que le rendement. Mais l'effet le plus pervers, c'est que quand les taux d'intérêt sont très faibles, l'entrepreneur a tout intérêt à robotiser, automatiser un maximum son activité. Il peut le faire car le coût de financement pour acheter de nouvelles machines plus performantes est faible. Mais le résultat c'est qu'en automatisant encore plus son activité, il va créer du chômage... Et donc, oui en voulant maintenir des taux d'intérêts très faibles pour booster nos économies, les banquiers centraux en réalité amènent et accélèrent la hausse du chômage. C'est triste à dire, mais c'est une vérité qui dérange.

Nos partenaires