Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

12/11/13 à 09:28 - Mise à jour à 09:28

Les économistes, les pythies d'aujourd'hui

Dans l'antiquité grecque on faisait appel aux pythies pour tenter de découvrir à quoi ressemblerait l'avenir : les uns se basaient sur le vol des oiseaux et d'autres sur les entrailles des poulets pour soi-disant lire l'avenir des humains.

Aujourd'hui, en Occident, on ne se base plus sur ces fameux oracles, mais sur les économistes pour prédire l'avenir. Bien entendu, ces derniers sont plus sophistiqués que de simples prêtres ou prêtresses, ils n'ont pas besoin d'éventrer des poulets, mais se contentent de faire des raisonnements sur base de chiffres ou de graphiques informatisés. C'est plus chic, plus savant, plus sérieux, mais pas nécessairement plus efficace !

Vous avez des doutes ? Alors tentez l'expérience suivante, tapez sur Google les expressions "baisse des taux d'intérêt" et "banque centrale européenne" et vous verrez que de très beaux esprits, on les appelle aujourd'hui des économistes et non plus des oracles, n'avaient pour la plupart pas prévu que la BCE allait baisser son taux d'intérêt directeur de 0,5% à 0,25% jeudi dernier. Pire que cela encore, et je ne citerai pas les économistes en question, ni les banques pour lesquelles ils travaillent, ces experts expliquaient doctement, un jour avant la décision de la banque centrale européenne, pourquoi cette vénérable institution allait encore attendre un mois, voire plus avant d'abaisser ses taux d'intérêt !

C'est ce qu'on appelle un fiasco complet ! Au fond ces experts me font penser à Alain Duhamel, vous savez, c'est ce journaliste politique très célèbre en France. Pendant la campagne présidentielle de 2007, il avait publié un livre dénommé "Les Prétendants" dans lequel il décrivait avec son immense talent habituel le portrait des candidats potentiels à la fonction de président de la République française. Sur les 300 pages en question, un candidat ou plutôt une candidate brillait par son absence, c'était Ségolène Royal. Quand on lui posait la question, il répondait en substance qu'il l'avait éliminée de la liste des prétendants car il ne croyait pas à ses chances. Et pourtant, c'est Ségolène Royal qui s'est retrouvée l'une des deux finalistes à la course à l'Elysée face à Nicolas Sarkozy !
Bien entendu, cet oubli a fait l'objet de beaucoup de moqueries de la part des confrères d'Alain Duhamel qui avaient enfin l'occasion de se venger du premier de classe.

Mais pour les économistes, cette forme de plantage est assez récurrente et rappelle la célèbre boutade : un économiste, c'est quelqu'un qui vous explique le lundi, pourquoi ce qu'il a prévu le samedi, ne s'est pas produit le dimanche.

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