Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

24/05/11 à 13:25 - Mise à jour à 13:25

Les dictateurs, principale cause de sous-développement ?

L'argent gagné via la corruption faisait déjà partie de la liste des causes du sous-développement, mais vu les montants, les experts pensent que cette corruption des dirigeants arabes est probablement la première cause de ce sous-développement !

Barack Obama a annoncé qu'il tendrait la main aux pays arabes, notamment en leur donnant de l'argent pour redresser leurs économies. C'est une sorte de plan Marshall dont la première étape est d'aider l'Egypte et la Tunisie. On parle d'un montant de 2 milliards de dollars. Cela représente pas mal d'argent, mais il y a moyen de faire mieux encore... avec la récupération de l'argent des dictateurs !

Comme le faisait remarquer le journal économique Les Echos, on savait que les dictateurs étaient riches mais sans doute pas à ce point. Bien entendu, il est toujours difficile de mettre un chiffre précis sur la fortune de tel ou tel dictateur. Cet argent est camouflé à l'étranger, bien souvent en Occident... Quelques évaluations sérieuses font toutefois état d'une fortune de quelques dizaines de milliards de dollars pour le colonel Kadhafi, de 10 milliards pour l'ex-président tunisien Ben Ali et de 5 milliards pour l'égyptien Moubarak.

Les montants sont tellement élevés qu'ils donnent aujourd'hui un autre éclairage sur le retard économique de ces pays. Cet argent gagné via la corruption faisait déjà partie de la liste des causes du sous-développement, mais vu les montants, les experts pensent que cette corruption des dirigeants arabes est probablement la première cause de ce sous-développement ! Prenons le cas des 10 milliards de dollars de Ben Ali. Cet argent détourné permettrait, à lui seul, d'éponger la dette extérieure de la Tunisie.

Ce n'est cependant pas le seul mal provoqué par l'activité prédatrice de ces dictateurs. L'autre conséquence, c'est que la présence de ces dictateurs au sommet de l'Etat freine les initiatives économiques car les investisseurs savent qu'ils risquent d'être rackettés. Certains investissements ne se font donc pas. Autant d'emplois qui ne voient pas le jour...

A l'instar du journal Les Echos, on peut dire que la conclusion optimiste de ces départs en série des dictateurs est qu'ils suppriment le principal obstacle au développement. Preuve que démocratie et développement économique vont souvent de pair. Sauf en Chine, mais cela, c'est un peu l'exception qui confirme la règle.

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