Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

10/09/13 à 10:57 - Mise à jour à 10:57

Les courtiers en assurances ne sont pas contents et ils le disent!

Oui mais à qui ? Mais à ceux qui veulent faire le boulot de courtier à leur place ! C'est vrai que quand ils ont appris que Test Achat voulait avoir une licence de courtier, pour faire bouger les choses et aider les adhérents à mieux comparer, voire à changer de compagnies, les courtiers en assurances ont vu rouge. Et lorsque quelques jours plus tard, ces mêmes courtiers en assurances ont appris qu'un éditeur de presse voulait aussi faire la même chose, ils ont fait comprendre que chacun devait rester chez soi ! Autrement dit, chacun doit rester dans son business.

Bien entendu, ils ne l'ont pas dit aussi abruptement que cela, ils ont préféré insister sur le fait qu'en laissant des non-professionnels faire du courtage, le métier de courtier allait être dévalorisé ou banalisé et qu'en plus le conseil indépendant ne serait sans doute plus assuré. Que faut-il penser d'une telle attitude ? D'abord, il est normal qu'une fédération de courtiers défende ses membres ; ne pas le faire serait anormal, d'autant qu'en Belgique, nous sommes le pays d'Europe avec des courtiers relativement dominants.

Ils ont en effet 62% de parts de marché dans la distribution de produits non-vie, alors qu'aux Pays-Bas, les courtiers ont quasiment disparu et qu'en France, les compagnies travaillent surtout avec des agents exclusifs.

Disons qu'en règle générale, la part du courtage en Europe tourne autour de 20% et la Belgique fait donc figure d'exception avec un réseau de courtiers indépendants très fort encore.

Je dis "encore", car les compagnies d'assurances sont mises sous pression, en raison des réglementations et des taux d'intérêt très bas. Elles doivent faire des économies... Ces assureurs sont donc aussi à la recherche de réseaux de distribution parallèles ou autres que celui du courtage traditionnel. Mais quoiqu'il arrive, les courtiers devront eux aussi s'adapter : avec internet et la crise, tout le monde doit se repenser, plus aucun secteur n'est à l'abri.

Les certitudes d'hier ne sont plus celles demain ! Il a fallu 16 ans à Nokia pour être le leader mondial des GSM, ce géant pesait 110 milliards d'euros avant l'arrivée de l'iPhone. Aujourd'hui, Nokia ne pèse plus que 15 milliards d'euros et vient d'être racheté par Microsoft, après avoir raté le virage des smartphones... Morale de l'histoire : personne n'est à l'abri d'une révolution technologique, les rentes de situation n'existent plus, il faut donc bouger ou... mourir

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