Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

18/03/13 à 10:13 - Mise à jour à 10:13

Les Chypriotes se réveillent avec la gueule de bois

Les Chypriotes se sont réveillés ce weekend avec la gueule de bois, c'est le moins que l'on puisse dire. Samedi matin, ils ont ouvert les yeux en apprenant qu'une partie de leurs économies avait fondu. En effet, dans la nuit de vendredi à samedi, les leaders de la zone euro ont conclu un plan de sauvetage financier pour Chypre, qui a mis pour la première fois à contribution les épargnants.

Pour sauver leur pays de la faillite, et en contrepartie des 10 milliards d'euros que l'Europe et le FMI vont prêter à Chypre, les déposants bancaires de cette petite île se verront taxés de 6,75 % s'ils ont moins de 100.000 euros sur leur compte bancaire et de 9,9 % au-delà des 100.000 euros.

Inutile de vous dire que les conditions de ce sauvetage de Chypre ont été très mal reçues par les habitants. Premier effet visible: devant les distributeurs automatiques des banques du pays, des files de Chypriotes et d'étrangers se sont formées ce samedi. Mais pour rien. Pourquoi ? parce que les montants correspondants à la taxe sont déjà bloqués et ne peuvent plus être transférés.

C'est évidemment un coup très dur porté aux épargnants chypriotes. Le prélèvement total sur les dépôts des ménages résidant à Chypre va être compris entre 2.300 et 2.900 euros par habitant, selon Eric Dor, un économiste belge. Pour vous donner une idée, si l'on appliquait une telle taxe en Belgique, cela reviendrait à prélever au moins 4.400 euros par habitant, a calculé cet économiste.

Bien entendu, le cas de Chypre est un cas très particulier avec un secteur bancaire totalement disproportionné par rapport à la taille du pays. Et c'est vrai que les épargnants taxés vont recevoir en dédommagement des actions des banques sauvées. Il n'empêche, pour certains économistes, le mal est fait : la sécurité des dépôts bancaires n'est plus assurée !

Pire encore, les épargnants en Europe, et plus particulièrement ceux des pays du sud de l'Europe pourront se dire, que si demain, il faut sauver leurs banques, ils risquent - eux aussi - d'être ponctionnés comme à Chypre. L'Europe vient de prendre là, une décision qui risque de faire partir la confiance des épargnants ! Bref, pour certains économistes, c'est la meilleure recette pour provoquer une panique bancaire dans le sud de l'Europe, la polémique ne fait donc que commencer.

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