Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

20/11/12 à 11:21 - Mise à jour à 11:21

Les banquiers moins séduits par les prêts hypothécaires

Pourquoi les banques poussent-elles moins leurs crédits hypothécaires que par le passé ? C'est une question que pas mal de ménages se posent et avec raison, car ils constatent que les conditions d'octroi de ces crédits hypothécaires se sont durcies depuis la crise.

La raison principale de ce resserrement des crédits hypothécaires s'explique beaucoup en raison de la baisse des taux d'intérêt. Comme vous le savez, les taux d'intérêt à long terme sont bas en ce moment, c'est d'ailleurs la volonté des gouvernements et des banques centrales de les maintenir les plus bas possible pour rembourser plus facilement la dette publique des États, cette dernière atteint des niveaux que nous n'avions jamais vus sauf en temps de guerre !

Mais le résultat, c'est que le métier de banquier est mis sous pression. Avant, les banques prêtaient à un taux et empruntaient à un taux inférieur, leur marge était presque naturelle. Mais aujourd'hui, ce n'est plus le cas, les clients arrivent chez leur banquier avec des offres d'autres banques, et essaient de profiter de la concurrence ambiante, c'est donc une nouvelle situation pour les banquiers.Le résultat, c'est qu'avec des taux bas, les banques spécialisées sur le marché hypothécaire ont des difficultés à dégager une marge. Et lorsque les taux d'intérêt vont remonter, sans doute en 2014, ces mêmes banques devront gérer les écarts entre les crédits octroyés à taux fixes et leur refinancement qui se fait à taux variables. Donc, comme le faisait remarquer un banquier suisse, ces banques seront prises en étau!

En fait, c'est simple, les taux d'intérêt sont bas, et quand ils remonteront, ce ne sont pas les clients qui vont en souffrir, pour la simple raison qu'ils empruntent à plus de 80% à du taux fixe mais ce sont les banques qui devront absorber le risque. Donc, il n'y a plus qu'à espérer qu'elles ont prévu le coup, d'autant que d'après ce banquier suisse, "une couverture contre les variations des taux d'intérêt mange environ 40% du bénéfice potentiel dans le secteur bancaire". Voilà pourquoi les banquiers font la grimace et sont moins séduits par les crédits hypothécaires.

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