Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

05/01/12 à 10:38 - Mise à jour à 10:38

Les banques occidentales désertent l'Europe centrale

Les vérités d'hier ne ressemblent jamais à celles de demain. Hier, la vérité pour des banques italiennes, autrichiennes et même belges comme la KBC, c'était d'être présent en Europe centrale. Dans ces pays qu'on appelait avant les pays de l'est, la KBC, pour ne citer que cette banque, a gagné beaucoup d'argent dans ces pays-là. Et puis, patatras, la crise est arrivée et ces pays ont été frappés encore plus durement que nos pays.

Trois ans après le début de la crise, le bout du tunnel ne semble pas pour demain. La raison, cette fois-ci, ce n'est pas la crise, mais les banques, encore elles. Comme vous le savez, les banques européennes ont été priées de renforcer leurs fonds propres, autrement dit, leurs coussins pour amortir de nouveaux chocs économiques. Au total, sur 16 banques occidentales présentes en Europe de l'Est, 12 d'entre-elles doivent absolument se recapitaliser. Et pour y arriver, ces banques occidentales n'ont quasi qu'un seul choix : vendre des actifs. Et ces actifs sont forcément à l'étranger et donc en Europe de l'Est.

Bien entendu, ce virage stratégique à 180° les banques occidentales ne le font pas de gaieté de coeur, mais elles sont obligées de céder leurs actifs à l'est et non pas à l'ouest car ce sont les gouvernements de l'ouest qui les ont renflouées. Elles n'ont donc pas le choix. Mais soyons sincères, c'est encore plus douloureux pour les pays d'Europe centrale. Trois quarts des actifs bancaires appartiennent à des banques d'Europe occidentales et donc, la question majeure aujourd'hui pour ces pays se résume de la sorte : comment vont faire ces pays pour financer leur économie, une fois que les banques occidentales se seront retirées sur la pointe des pieds de ces pays ?

Personne n'a de réponse, mais tout le monde a la même crainte : les pays d'Europe centrale risquent d'avoir une pénurie de crédit. Après avoir été déçus par le communisme, ces pays risquent de découvrir que le capitalisme n'a pas que des bons côtés.

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