Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

07/12/11 à 09:46 - Mise à jour à 09:46

Les agences de notation et la zone euro

"Les agences de notation, qu'est-ce que c'est finalement ? Des journalistes mieux payés que les autres." En disant cela, sur la radio française Europe 1, l'économiste Jacques Attali se voulait sans doute méprisant sur le sérieux des agences de notation et accessoirement aussi sur le sérieux de la presse.

Mais en disant cela, même sur un ton méprisant, l'ancien conseiller du président Mitterrand a finalement dit ce que les agences de notation ne cessent de dire elles-mêmes à leurs détracteurs : la note que donnent les agences de notation n'est qu'une analyse ou une opinion sur la capacité d'un État ou d'une entreprise à rembourser sa dette !

Et donc, plus on dégrade votre note, plus le risque est grand selon l'agence que vous ne remboursiez pas votre dette. C'est cela le rôle de ces agences : mesurer la capacité à rembourser d'un Etat ou d'une entreprise. Rien de plus, mais rien de moins !

Tout cela est vrai, mais il n'empêche qu'en disant cette semaine qu'elle allait mettre sous surveillance négative la note de 15 pays sur les 17 que compte la zone euro, l'agence de notation américaine Standard & Poor's a fait fort. Mettre sous surveillance négative, c'est une phrase codée pour dire que votre note va sans doute être dégradée si vous ne prenez pas des mesures budgétaires draconiennes pour démontrer votre capacité à garder la qualité de votre note.

A la suite de ce message, tous les gouvernements ont tremblé, y compris en France, où Sarkozy a peur de voir la France perdre son triple A avant les élections, autrement dit, la perte du triple A de son pays pourrait le mettre dans une posture difficile vis-à-vis de François Hollande, et pourquoi pas compromettre son éventuelle réélection !

Bref, tout cela a deux conséquences - la première, c'est que certains crient à la théorie du complot anglo-saxon - en clair, pourquoi ces agences américaines décident-elles de mettre sous pression 15 pays de la zone euro, alors qu'un sommet important va avoir lieu le 8 et le 9 décembre à Bruxelles, avec des décisions clés - bref, pourquoi faire cela avant même de connaître le résultat de ce sommet ? La réponse est en quelque sorte la deuxième conséquence : critiquées ou pas, les agences de notation sont aujourd'hui les véritables patrons de la zone euro.

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