Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

06/10/10 à 10:27 - Mise à jour à 10:27

Les 2 pistes de l'Etat pour se renflouer grâce à l'immobilier

Quelle que soit la couleur du futur gouvernement, il faudra que le secteur immobilier contribue à renflouer les caisses de l'Etat. D'autant que la Belgique devra trouver 25 milliards d'euros d'économies pour 2015.

Les Belges ont une brique dans le ventre. Une brique qui risque de peser plus lourd d'ici quelques semaines... si, du moins, nos politiques parviennent à composer un gouvernement fédéral. Une chose est cependant certaine : quelle que soit la couleur de ce futur gouvernement, il faudra que le secteur immobilier contribue à renflouer les caisses de l'Etat. D'autant que la Belgique devra trouver 25 milliards d'euros d'économies pour 2015, ce qui se traduira vraisemblablement par un alourdissement de la fiscalité immobilière.

Parmi les pistes envisagées, deux sont systématiquement mentionnées par les personnes bien informées.

Première piste : une taxation des loyers réels en lieu et place de la taxation forfaitaire actuelle basée sur le revenu cadastral. Si cela devait être le cas, les lobbies des propriétaires ont déjà une réplique pour tenter de faire changer d'avis le gouvernement : si l'on taxe les loyers réels, soit les propriétaires d'immeubles de rendement augmenteront leurs loyers, ce qui n'est pas bon pour la politique du logement, soit ils s'abstiendront d'acheter ou de construire des immeubles de rendement, ce qui réduira encore plus l'offre de logement.

Seconde piste : une hausse du taux de TVA pour les biens immeubles âgés de 5 à 15 ans. Au lieu de payer le taux de 6 % comme c'est le cas aujourd'hui, on passerait à 21 %. Là encore, cependant, les lobbies du secteur de la construction ont déjà une réponse toute prête. Si l'on fait passer le taux de TVA de 6 % à 21 %, on réduit à néant les efforts de ce secteur pour officialiser le travail au noir. C'est autant de moins dans les caisses de l'Etat via les cotisations sociales, par exemple.

L'argument ultime du secteur de l'immobilier tient en deux chiffres : la taxation de l'immobilier rapporte à l'Etat chaque année 23 milliards d'euros et ne coûte que 1,24 milliard d'euros sous formes d'exonérations fiscales. Autrement dit, l'immobilier, qui représente 200.000 emplois rapporte plus qu'il ne coûte à l'Etat.

C'est sans doute vrai mais je doute que l'argument suffise à convaincre un gouvernement qui doit trouver 25 milliards d'euros d'ici à 2015. A l'inverse des capitaux (mobiles), le patrimoine immobilier est fixe, ce qui en fait une cible trop tentante pour tout gouvernement.

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