Le vote sur l'immigration pourrait coûter 80.000 emplois à la Suisse

10/02/14 à 17:29 - Mise à jour à 17:29

Source: Trends-Tendances

(Belga) Les répercussions économiques du vote suisse en faveur d'une limitation de l'immigration sont encore difficiles à évaluer mais cela crée un climat d'incertitude pour les entreprises, font valoir les économistes du Credit Suisse dans une note publiée lundi, estimant que 80.000 emplois pourraient passer à la trappe.

Le vote sur l'immigration pourrait coûter 80.000 emplois à la Suisse

Dans l'immédiat, il est encore difficile d'établir des estimations précises dans la mesure où les conséquences dépendront à la fois de la réaction de l'Union Européenne (UE), des négociations que mènera le gouvernement suisse pour étendre ses relations bilatérales et du niveau de quota qui sera fixé, font valoir les auteurs. "Ce qui est clair, toutefois, est que l'acceptation de cette initiative a augmenté l'incertitude économique en Suisse avec effet immédiat", ont-ils jugé. "A notre avis, il n'y a pratiquement aucun doute sur le fait que les sociétés suisses et étrangères qui envisagent des investissements (supplémentaires) en Suisse vont avoir au moins tendance à retarder les décisions, à la fois sur les investissements et les embauches supplémentaires", ont-ils ajouté. Bien qu'ils ne s'attendent pas à un déclin de l'activité économique, les économistes de Credit Suisse estiment que cette décélération de l'investissement pourrait réduire la production économique de 1,2 milliard, soit 0,3% du produit intérieur brut (PIB), durant les trois années précédant l'instauration de quotas. Ils tablent actuellement sur une croissance de 2% en 2014 pour l'économie suisse. Selon eux, les effets pourraient être encore plus marqués sur l'emploi, l'incertitude incitant les entreprises à différer les recrutements. "Nous prévoyons que jusqu'à 80.000 emplois de moins seront créés sur cette période de trois ans", ont-ils quantifié. A long terme, les risques pour la productivité et la croissance économique devraient en principe réduire les pressions sur le franc suisse, selon eux. Les économistes d'UBS, la principale concurrente de Credit Suisse, ont quant à eux maintenu lundi leurs prévisions pour l'économie helvétique, tablant sur une croissance de 2,1% cette année. (Belga)

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