Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

17/06/13 à 09:58 - Mise à jour à 09:58

Le Tax Freedom Day, inchangé cette année encore en Belgique

Vendredi dernier le 14 juin, peut-être ne le saviez-vous pas, mais c'était le Tax Freedom Day. C'est-à-dire, un concept américain qui consiste à situer sur un calendrier annuel (en l'occurrence en Belgique, le vendredi 14 juin) la date à partir de laquelle, les contribuables cessent de travailler pour payer leurs impôts et autres prélèvements obligatoires. En résumé, tenant compte d'une pression fiscale et parafiscale de 45% pour la Belgique, les contribuables belges commencent à travailler uniquement pour eux depuis ce 14 juin !

C'est la firme de consultance PwC qui calcule ce jour de la "libération fiscale" pour l'ensemble des pays occidentaux. En Belgique, le jour de cette libération n'a pas changé depuis un an, ce qui veut dire que la pression fiscale et parafiscale est restée identique en un an. En revanche, la pression fiscale a augmenté dans des pays comme la France ou le Danemark ; ces deux pays ont vu leur date de libération être reportée de 7 jours par exemple !

Ce classement montre que les contribuables, habitant dans une démocratie sociale, travaillent souvent plus longtemps pour payer les services d'un Etat plus présent. Bien entendu, ce classement n'est pas parfait car le poids de l'Etat n'est pas le même partout. Interrogé par le journal Le Soir, l'économiste Ecolo, Philippe Defeyt, précisait que dans certains pays, on fait payer uniquement l'utilisateur de l'autoroute, tandis que dans d'autres pays comme la Belgique, ce sont tous les contribuables qui y participent, c'est une nuance importante. Même chose pour l'enseignement : on paie moins d'impôts aux Etats-Unis, autrement dit, le Tax Freedom Day arrive plus rapidement que chez nous, mais là-bas l'enseignement universitaire coûte un porte-avion ! Il faut utiliser ce concept de jour de libération fiscale avec beaucoup de précaution !

Mais c'est vrai que ce classement même s'il est imparfait, car il en tient pas compte d'éléments comme la cohésion sociale ou la qualité de vie, a au moins le mérite de tenter de voir comment l'argent public est utilisé ! Bref, de savoir, même grossièrement, si les deniers publics sont gérés de manière efficace ou non.

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