Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

03/10/11 à 17:05 - Mise à jour à 17:05

Le splitting des banques n'est pas la panacée !

Beaucoup de dirigeants politiques se méfient tellement des banques qu'ils préfèrent, eux aussi, que ces banques soient divisées en deux...

Il paraît que c'est Margaret Thatcher qui disait qu'elle aimait tellement l'Allemagne qu'elle préférait qu'elle soit divisée en deux. Bien entendu, c'était une manière de dire qu'elle avait peur de la réunification de l'Allemagne. Sans doute parce qu'elle se souvenait de l'histoire conflictuelle de notre bonne vieille Europe et que, comme Churchill avait coutume de le dire, l'Allemagne, quand vous ne l'avez pas à genoux, elle est à votre gorge.

Aujourd'hui, ces propos font sourire par leur présupposé archaïque. Mais les dirigeants bancaires devraient méditer ces propos. Car beaucoup de dirigeants politiques se méfient tellement des banques qu'ils préfèrent, eux aussi, que ces banques soient divisées en deux. En effet, ils estiment que les banques sont aujourd'hui trop grandes et que leur taille en fait des candidats naturels au chantage du genre : "Sauvez-moi ou je fais faillite et le reste de l'économie avec moi !"

C'est la raison pour laquelle la Grande-Bretagne a décidé de diviser en deux ses banques. En gros, en séparant la partie où se trouvent les dépôts des clients (banque de détail) de la partie "investissements plus risqués" de la banque, ce que le grand public appelle la partie "casino" du secteur bancaire.

L'idée est qu'en cas de faillite, la partie "casino" ne contaminera pas la partie qui regroupe les dépôts bancaires des clients. Le gouvernement ne serait ainsi plus obligé d'intervenir pour sauver les épargnants.

La Suisse a pensé à faire la même chose mais y a finalement renoncé. Tout comme les Etats-Unis. Seule la Grande-Bretagne a franchi le pas, même si cette séparation ne verra le jour qu'en... 2019, histoire de laisser le temps aux banques britanniques de s'y préparer.

Question : le splitting des banques est-il la panacée ? Réponse : non, hélas. La banque Lehman Brothers était uniquement une banque d'investissements ; elle a pourtant fait la culbute. Quant à la britannique Northern Rock, elle aussi a fait faillite en pleine crise boursière, alors que c'était uniquement une banque de détail. Comme quoi rien n'est simple, même si cela déplait à la tribu des "y a qu'à".

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