Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

18/06/12 à 10:04 - Mise à jour à 10:04

Le soulagement dans la crise en Grèce sera de courte durée

Le scénario du pire n'aura donc pas lieu : les Grecs ont donné la victoire au parti conservateur qui souhaite rester dans la zone euro.

Il suffit de voir tous les communiqués de presse de cette nuit pour comprendre que tout le monde est soulagé, que ce soient les dirigeants européens ou même Barack Obama qui a félicité le peuple grec pour sa décision. Il faut dire qu'Obama a très peur de rater sa réélection si la crise de la dette en Europe ne trouvait pas une solution, car les remous financiers d'une explosion de la zone euro toucheraient également Wall Street et par ricochet l'économie américaine. C'est pourquoi Obama appelle régulièrement Merkel pour l'inciter à trouver une solution durable à cette crise de la dette publique ! Ce en quoi, il est assez culotté, car lui-même, malgré les milliards de dollars déversés, n'arrive toujours pas à sortir les Etats-Unis de la crise. C'est l'hôpital qui se moque de la charité !

Mais revenons-en à la Grèce : est-ce que tout est réglé depuis le vote de ce dimanche soir ? J'aimerai tant vous dire oui, mais de l'avis même des experts, notre soulagement sera sans doute de courte durée !

La première raison qui justifie cette prudence tient aux tensions politiques. Les partis anti-européens n'ont pas dit leur dernier mot et ils ont déjà annoncé qu'ils feront tout pour bloquer les mesures préconisées par l'Europe et le FMI - et donc, la capacité de manoeuvrer du futur gouvernement risque d'être très limitée face à une opposition qui aura beau jeu de dénoncer les mesures d'austérité. Mais là encore, cela peut changer : Didier Reynders a fait comprendre que les pays de la zone euro pouvaient assouplir le calendrier des mesures d'austérité - ce serait un cadeau et un argument en faveur des pro-européens !

Deuxième raison pour justifier la prudence : il y aura une très forte pression pour qu'un gouvernement soit formé maintenant. Les Grecs ne peuvent pas se permettre une autre élection, car les chiffres laissent penser qu'ils n'auront plus d'argent en juillet. Et donc, il est probable que le parti conservateur et le parti socialiste vont sans doute former une coalition pour tenter de gouverner le pays mais comme je l'ai déjà indiqué ce sera une coalition fragile.

Au fond, comme le faisait remarquer un analyste financier, "les risques d'une sortie de la Grèce dans les prochains mois diminuent, mais le problème n'est pas réglé , tout cela peut resurgir dans six mois" fin de citation. Mais bon, d'ici là, on ne va pas bouder son plaisir, même s'il est de courte durée - à chaque jour sa peine.

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