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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

07/05/12 à 10:21 - Mise à jour à 10:21

Le sauvetage de Thomas Cook ressemble à une punition

Comme vous le savez, le voyagiste Thomas Cook s'était effondré à la Bourse de Londres au mois de novembre dernier, perdant les deux tiers de sa valeur en une seule matinée.

Comme vous le savez, le voyagiste Thomas Cook s'était effondré à la Bourse de Londres au mois de novembre dernier, perdant les deux tiers de sa valeur en une seule matinée. L'effondrement en Bourse de Thomas Cook trouvait son origine dans les discussions de Thomas Cook avec ses banques pour financer sa dette face à la détérioration accélérée de son activité. Thomas Cook dont la dette dépasse le milliard d'euros cherchait en effet à obtenir des facilités de la part de ses banquiers !

Une discussion pas simple car les performances de Thomas Cook sont plombées par l'impact sur le tourisme des troubles dans les pays arabes mais également par son modèle de tourisme de masse qui souffre plus en période de crise que, par exemple, le modèle du Club Med qui avec sa stratégie de montée en gamme semble mieux traverser la crise.

Si finalement, les banquiers ont accepté d'aider Thomas Cook, on vient d'apprendre que ce deal était et reste extrêmement dur dans ses termes ! En effet, les 17 banques qui sont réunis en consortium pour aider Thomas Cook a refinancer sa dette ont exigé un "fee", une commission donc, de 14 millions de livres sterling rien que pour le principe d'avoir accepté de changer les conditions de crédit en faveur de Thomas Cook -

L'expression "en faveur de" n'est d'ailleurs pas la bonne, car ce deal qu'on qualifie à Londres de "punitif" permet aussi aux 17 banques de prendre - si elles le veulent - 10% dans le capital de Thomas Cook au mois de mai 2015. Cette option a été donnée aux 17 banques en question au prix fixe de 10 pence, soit en réalité, un cadeau pour ces 17 banques puisque le cours actuel de Thomas Cook est de 21 pence. C'est donc bel et bien un cadeau aux banques puisqu'elles pourront acheter l'action Thomas Cook avec une décote de... 62 pour cent, et encore, il est clair que cette décote va s'élargir, et on pourra presque dire que les banquiers ont reçu les actions de Thomas Cook pour presque rien !

Cerise sur le gâteau, Thomas Cook doit aussi s'engager rembourser sa dette en priorité à chaque fois que le voyagiste réalise un résultat positif supérieur à 250 millions de livres sterling ! Bref, les conditions de sauvetage de Thomas Cook ressemblent plus à une punition qu'à autre chose - et le résultat de tout cela, c'est que Thomas Cook va vendre en "sale and lease back", 20% de sa flotte, soit 20% de ses 91 avions - et qu'en plus, il va vendre Thomas Cook India et d'autres bijoux de famille - tout cela pour garder la tête au-dessus de l'eau - ce qui est la moindre des choses pour Thomas Cook qui - peu de gens le savent - avait vendu en 1912, les tickets pour un voyage en direction de New York à bord du... Titanic !

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