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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

02/04/12 à 09:11 - Mise à jour à 09:11

Le retour de la "répression financière"

Il ne faut pas être un grand économiste pour comprendre que la dette des Etats a atteint la cote d'alerte dans de nombreux pays, et surtout dans nos pays occidentaux. D'où la question qui revient sans cesse : comment ramener cet endettement à des niveaux raisonnables sans recourir à des faillites d'Etat.

Il ne faut pas être un grand économiste pour comprendre que la dette des Etats a atteint la cote d'alerte dans de nombreux pays, et surtout dans nos pays occidentaux. D'où la question qui revient sans cesse : comment ramener cet endettement à des niveaux raisonnables sans recourir à des faillites d'Etat. Des faillites qui, comme vous le savez, seraient très dangereuses pour le système financier et l'économie mondiale si elles devaient se multiplier !
Alors, que faire ? Attendre 15 ans que la dette soit purgée ?

A vrai dire, la question semble avoir trouvé une réponse. Selon certains spécialistes - et ce moyen n'est pas nouveau, il a été utilisé après la deuxième guerre mondiale, cette réponse c'est la "répression financière". Une formule qui a de nouveau le vent en poupe auprès de certains économistes, y compris des économistes libéraux.

De quoi s'agit-il pour les Etats ? De rembourser leurs dettes en monnaie de singe, en versant aux souscripteurs de la dette publique un taux d'intérêt réel négatif. C'est-à-dire un taux d'intérêt nominal inférieur au taux d'inflation. C'est d'ailleurs ainsi que les Anglais, les Américains et les Français ont réussi à réduire leur dette publique de 3% à 4% de leur PIB chaque année entre 1945 et la fin des années 1970. Bref, ils ont lésés les détenteurs de capitaux, ceux qu'on appelle les rentiers si on ne les aime pas, et les épargnants, si on a plus d'égard à leur encontre !

Je vous passe les détails, mais certains économistes pensent que c'est ce qu'on est en train de faire en Belgique et en Europe. Les taux d'intérêt créditeurs sont faibles (regardez votre livret d'épargne) et l'inflation dépasse le rendement de ces livrets. Bref, on spolie l'épargnant. Quant à l'Etat, il favorise la détention de la dette au détriment des autres placements. Comment ? Via une fiscalité plus favorable pour les obligations d'Etat. Ensuite, en forçant les banques et les assureurs à détenir des obligations d'Etats et non pas des actions ! Sans compter que via la banque centrale européenne, les Etats s'arrangent pour que les banques commerciales achètent en priorité des titres d'Etat, tout en maintenant les taux d'intérêt à un niveau plancher.

C'est ce qui fait que certains experts parlent carrément d'une "manipulation des marchés" par les Etats. Encore une fois, il s'agit d'une théorie. A chacun de voir si elle tient la route ou pas.

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