Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

17/01/11 à 11:29 - Mise à jour à 11:29

Le politique reste sourd au bon sens... Pour combien de temps ?

Alors que la planète finance est en ébullition et que syndicats, patrons et citoyens tirent la sonnette d'alarme, la planète politique reste étonnamment sourde et aveugle aux arguments de bon sens. Pour combien de temps encore ?

Depuis quelques jours, les citoyens belges multiplient les initiatives pour montrer leur ras-le-bol face à l'impasse politique. Il y a ceux qui proposent de ne plus se raser la barbe et le font savoir par médias interposés. Et puis, il y a 23 patrons de haut niveau qui écrivent une lettre au Premier ministre. Cette lettre ne devait pas être dévoilée au grand public mais il semble qu'une fuite au niveau politique ait forcé ces patrons à la rendre publique.

Ces patrons y affirment que la Belgique se porte relativement bien. Les chiffres macroéconomiques pour 2010 démontrent que la Belgique s'en tire mieux que la moyenne européenne, grâce notamment à ses échanges économiques avec l'Allemagne. Dans un deuxième temps, cependant, ils disent que l'année 2011 est en danger car il faut absolument mettre sur pied un vrai budget, non un budget d'affaires courantes. Autrement dit, il faut prendre des mesures énergiques pour éviter que la Belgique soit dans le collimateur des marchés financiers.

En réalité, ce que veulent ces 23 patrons, c'est que le gouvernement lance un signal positif à l'égard des marchés. Ils savent que les marchés financiers ne sont pas au courant des subtilités politiques de notre pays, notamment le fait qu'il ne s'agit pas seulement de former un gouvernement mais de réformer l'Etat d'une manière fondamentale. Ce qui explique en partie le fait que nous sommes depuis plus de 200 jours sans gouvernement.

Le seul problème, avec cette lettre, c'est qu'elle insistait sur l'urgence de la situation. Or, la réponse du Premier ministre a consisté à dire qu'il allait se pencher sur le budget pour le cas où... Bref, s'il y avait un élément d'urgence dans la lettre des patrons belges, il n'y en avait pas dans la réponse d'Yves Leterme, qui dit en substance qu'il veut bien faire attention "si nécessaire".

Bizarre. Très bizarre. Alors que la planète finance est en ébullition et que syndicats, patrons et citoyens tirent la sonnette d'alarme, la planète politique reste étonnamment sourde et aveugle aux arguments de bon sens. Pour combien de temps encore ?

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