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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

01/07/11 à 10:45 - Mise à jour à 10:45

Le pire ennemi des Grecs est un journal populaire, le Bild

Les Grecs râlent, pestent, souffrent et manifestent chaque jour contre les mesures d'austérité qui leur sont imposées. Mais leur parlement a finalement voté ces mesures d'austérité. Des mesures imposées par le FMI et les autres pays de la zone euro en contrepartie du versement de 12 milliards d'euros. 12 milliards d'euros qui constituent la 5e tranche d'un plan d'aide global de 110 milliards d'euros !

Les Grecs râlent, pestent, souffrent et manifestent chaque jour contre les mesures d'austérité qui leur sont imposées. Mais leur parlement a finalement voté ces mesures d'austérité. Des mesures imposées par le FMI et les autres pays de la zone euro en contrepartie du versement de 12 milliards d'euros. 12 milliards d'euros qui constituent la 5e tranche d'un plan d'aide global de 110 milliards d'euros !

Il ne faut pas se leurrer, si les autres pays de la zone euro ont aidé la Grèce, c'est moins par altruisme que par égoïsme. En réalité, tout le monde sait que la Grèce fera défaut à terme, car les calculs ont déjà été faits : la probabilité pour que la Grèce rembourse la totalité de sa dette est infime. Ce que les gouvernants européens font finalement c'est gagner du temps.

Du temps pour qui et pourquoi ?

Du temps pour que l'Espagne assainisse ses finances publiques, car le vrai problème, ce n'est pas la faillite de la Grèce qui ne pèse que 2,6% du PIB européen, mais une attaque en règle des marchés financiers contre l'Espagne - et là, les banques européennes et les Etats ne pourraient pas faire face à une telle attaque. Alors, la zone euro gagne du temps pour éviter la contagion, pour éviter l'effet domino, en espérant que d'ici 2 ou 3 ans l'Espagne aura réalisé les réformes nécessaires pour sortir du collimateur des marchés financiers !

En attendant, il ne faut pas croire que les Allemands - je parle des Allemands parce qu'ils sont les plus virulents contre les Grecs - ne s'y retrouvent pas dans ce deal. Les crises régulières des marchés financiers contre la Grèce ont pour effet d'affaiblir l'euro - ce qui est bon pour nos exportations.

Or, qui est le premier exportateur mondial si ce n'est l'Allemagne ? Les Allemands peuvent donc dire "Merci" aux Grecs, car indirectement ils ont renforcé la compétitivité de leurs entreprises.

De plus, les prêts consentis aux Grecs ne sont pas gratuits, l'Allemagne réalise une belle marge de l'ordre de 3 à 3,5% sur l'aide consentie à la Grèce. En période de crise, c'est une très belle marge. Certains disent même que cette marge est trop importante et qu'elle contribue à étrangler la Grèce. Angela Merkel sait tout cela, mais elle ne peut pas trop en parler, car son opinion publique est chauffée à blanc. Notamment par un journal populaire, le Bild, qui tire à 3 millions d'exemplaires et qui est la terreur des hommes politiques allemands. Au fond, le pire ennemi des Grecs ce n'est pas le FMI, encore moins les autres Etats de la zone euro, mais un journal populaire, le BILD !

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