Le patron de Solvay en croisade contre le coût élevé de l'énergie

21/11/12 à 17:11 - Mise à jour à 17:11

Source: Trends-Tendances

Orateur des "Midis de Trends-Tendances", Jean-Pierre Clamadieu, le nouveau CEO de Solvay, a expliqué que si on ne réagissait pas pour réduire la facture énergétique, l'handicap de l'industrie européenne serait de plus en plus difficile à supporter sur le long terme.

Le patron de Solvay en croisade contre le coût élevé de l'énergie

© belga

Les coûts élevés de l'énergie en Europe sont un gros souci pour Jean-Pierre Clamadieu, le nouveau CEO français de Solvay. Ceux-ci pèsent de plus en plus sur la compétitivité de la multinationale chimique belge qui fêtera ses 150 ans en 2013.

Le groupe, qui fait partie depuis le rachat de Rhodia du Top10 de la chimie mondiale, est un gros consommateur d'énergie. Il est le premier ou le deuxième plus grand utilisateur industriel d'électricité en Belgique et le plus gros consommateur de gaz en France. "Notre facture énergétique s'élève à 1,2 milliard d'euros par an, cela représente la moitié de notre masse salariale. Le coût de l'accès à l'électricité et au gaz est donc un élément essentiel", a-t-il déclaré mercredi devant un parterre d'hommes d'affaires lors d'un lunch organisé par Trends-Tendances. "Malheureusement, a-t-il déploré, l'Europe n'a pas de politique énergétique commune."

Cette situation est, pour lui, d'autant plus préoccupante que le gaz de schiste est en plein boom aux Etats-Unis. "Grâce à son développement, le gaz aux Etats-Unis coûte aujourd'hui trois à quatre fois moins qu'en Europe et la facture de gaz de l'économie américaine a été réduite de 120 milliards de dollars en trois ans, a-t-il déclaré. Grâce à cette réduction, l'économie américaine a connu un véritable choc de compétitivité. Les Etats-Unis se préparent à devenir une plateforme d'exportations de produits chimiques très importante. Si nous ne réagissons pas en Europe, nous allons augmenter l'handicap de notre industrie et celui-ci sera de plus en plus difficile à supporter sur le long terme." Et d'ajouter : "Nous ne pouvons pas laisser le débat sur le gaz de schiste de côté." Quant à son exploitation, celle-ci ne peut être envisagée, a-t-il insisté, qu' "avec une approche scientifique, technique et rationnelle."

Pour Jean-Pierre Clamadieu, la catastrophe de Fukushima a poussé plusieurs pays comme l'Allemagne à réduire leur production d'énergie d'origine nucléaire. "Cela va coûter plusieurs centaines de milliards d'euros de réinvestir dans les énergies renouvelables. Mais qui va payer ?", s'interroge le patron de Solvay. "L'Allemagne a décidé de protéger son industrie en faisant payer la note aux ménages. En Belgique et en France, la situation n'est pas encore claire mais il semble que les coûts seront supportés par les grandes entreprises comme Solvay". Or, les sites belges et français sont déjà les moins compétitifs du groupe en raison des coûts plus élevés de l'énergie, a expliqué le CEO de Solvay qui a déjà fait part de ce problème au gouvernement belge.

Sandrine Vandendooren

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