Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

04/09/13 à 10:20 - Mise à jour à 10:20

Le pari audacieux de Microsoft s'appelle Nokia

Depuis le temps qu'on en parlait, depuis le temps que des rumeurs allaient dans ce sens, on savait que c'était une question de mois, voire de semaines... Et puis soudain, ce mardi, on a appris que Microsoft se propose de racheter Nokia, le deuxième fabricant mondial de téléphones portables !

La Bourse a réagi en faisant grimper le cours de Nokia, mais en faisant baisser le cours de Microsoft. Etonnant, direz-vous, pourquoi le cours de l'action Microsoft baisse-t-il ? Tout simplement, parce que les investisseurs de Wall Street pensent qu'il n'y a pas de place pour un 3ème leader sur le marché des smartphones et des tablettes. Autrement dit, Wall Street fait le pari que malgré le rachat de Nokia par Microsoft, cette nouvelle entité ne boxera pas dans la même division que Apple, Samsung ou Google, mais sera reléguée en 2ème division avec Blackberry et consorts !

Et cette réponse de Wall Street montre bien pourquoi Microsoft veut acheter Nokia. Jusqu'il y a quelques années, Microsoft régnait sans partage sur le marché de la micro-informatique, quasi tous les PC étaient équipés des logiciels Windows. Mais aujourd'hui, les choses ont changé, l'intelligence numérique a quitté nos bureaux pour s'installer dans nos poches ou nos mains via les smartphones et autres tablettes, et dans ce nouveau segment, clairement, ceux qui ont raflé la mise, chacun avec sa propre méthode, c'est Apple, Samsung et Google.
Voilà pourquoi Microsoft va racheter Nokia, pour croître dans ce segment. Et même si Nokia n'est plus numéro un du secteur, c'est encore une marque qui compte, qui dispose d'ingénieurs talentueux et qui a aussi un bon réseau de distribution.

Mais comme je l'ai dit auparavant ce rachat de Nokia reste un pari audacieux. Microsoft a beaucoup d'argent, réalise encore un chiffre d'affaires de 80 milliards de dollars par an et dispose d'une montagne de cash : il peut se permettre ce pari. Seule tristesse, c'est qu'encore une fois, l'Europe voit passer un de ses fleurons sous pavillon américain...

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