Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

21/12/11 à 09:37 - Mise à jour à 09:37

Le mystère d'un or qui recule, envers et contre tout

Pourquoi l'or a-t-il reculé depuis quelques semaines alors que les nouvelles sont toujours mauvaises et que la crise de la dette européenne n'est pas encore définitivement résolue ?

En cette fin d'année, l'or a l'air de se languir sous la barre des 1.600 dollars l'once, 1.597 dollars pour être précis. Pourtant, le métal jaune avait connu une poussée de fièvre le 6 septembre. A l'époque, le métal jaune avait grimpé jusqu'à 1.921 dollars l'once.

Il est vrai que l'été avait été très chahuté sur le plan des Bourses, et en particulier des valeurs bancaires. C'était l'époque où les mordus du métal jaune pouvaient dire clairement qu'ils avaient eu raison contre tous. L'or ne pouvait que grimper : la meilleure preuve, disaient-ils, est que l'or n'a pas cessé de grimper depuis 11 ans.

Tout cela est vrai. Dès lors, pourquoi l'or reste-t-il en recul de 20 % depuis son plus haut sommet atteint le 6 septembre ? Attention, je n'ai pas dit que l'or n'était pas un investissement rentable. Ceux qui ont investi en janvier dernier ont même gagné 17 %, ce qui est magnifique, surtout si l'on compare ce chiffre avec le rendement de certaines actions.

Non, la question est plutôt celle-ci : pourquoi l'or a-t-il reculé depuis quelques semaines alors que les nouvelles sont toujours mauvaises et que la crise de la dette européenne n'est pas encore définitivement résolue ? C'est la question à laquelle répond en quelque sorte un économiste américain, Dennis Gartman. Il y a autant d'économistes que d'avis divergents, me direz-vous, et vous avez raison. Mais Dennis Gartman se distingue des autres économistes dans le sens où il est l'un des rares à avoir correctement prédit l'effondrement des prix des matières premières en 2008. Or, l'or est aussi une matière première...

Dennis Gartman estime désormais que les indices annonçant un marché baissier ne cessent de s'accumuler. Pour compenser ces mauvaises nouvelles et, par ricochet, ces mauvaises performances des actions, les gérants de fonds et les investisseurs compensent leurs pertes en prenant leur bénéfice sur l'or. Donc, en vendant de l'or.

La meilleure preuve que l'or est dans un marché baissier, selon cet économiste, est que les achats d'or restent malgré tout très soutenus. Or, des achats de métal jaune de cette ampleur auraient dû faire remonter le cours de l'or. Ce n'est visiblement pas le cas.

En conclusion, il faut se souvenir de cette règle d'investissement : un marché qui ne réagit pas à des nouvelles haussières est un marché baissier, pas un marché haussier. CQFD ?

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