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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

24/03/11 à 13:21 - Mise à jour à 13:21

Le Japon, l'effet papillon et les faiblesses du flux tendu

Il n'aura pas fallu plus de 10 jours pour que le séisme qui a frappé le Japon produise son premier impact sur l'industrie européenne. C'est ce qu'on pourrait appeler l'"effet papillon"...

Il n'aura pas fallu plus de 10 jours pour que le séisme qui a frappé le Japon produise son premier impact sur l'industrie européenne. C'est ce qu'on pourrait appeler l'"effet papillon". Le secteur qui semble en souffrir le plus, pour le moment, est le secteur automobile. Un secteur qui est d'ailleurs chahuté en Bourse depuis quelques jours.

C'est le cas du groupe PSA Peugeot Citroën, qui a annoncé qu'il diminuait les cadences de la plupart de ses usines en Europe. Il est vrai que PSA souffre des difficultés d'Hitachi au Japon. Celui-ci fabrique en effet des debitmètres, un composant électronique essentiel aux moteurs diesel qui équipent 68 % des voitures vendues en Europe par PSA Peugeot Citroën.

L'Europe n'est pas seule touchée par ces problèmes de sous-traitance. Honda a elle aussi annoncé à certains de ses vendeurs américains qu'elle ne pourrait pas garantir que sa production revienne à un niveau normal avant le mois de mai prochain ! De même, il semblerait que Ford soit le prochain sur la liste à annoncer qu'il devra modifier ses plannings de production. Et ce, du fait que les voitures hybrides de Ford dépendent, pour leurs batteries, des cartes-mémoires de Sanyo Electronic et de Toshiba.

A priori, cette panique sur les composants électroniques ne devait pas avoir lieu tout de suite, pour la simple raison que la plupart des composants sont transportés par voie maritime. L'impact du tremblement de terre aurait donc dû se faire sentir avec retard, vers la mi-avril. C'était compter sans la panique et le fait que certains font des stocks préventifs, ce qui accélère la hausse de prix et le risque de pénurie.

En réalité, comme le faisait remarquer le journal Le Figaro, le vrai problème réside dans les stocks. Le Japon a inventé une méthode que le monde entier a copiée : celle du flux tendu. Autrement dit, la gestion informatisée des stocks, de manière à les garder les plus bas possibles car un stock coûte de l'argent et mobilise de l'espace.

La gestion active des stocks fait gagner de l'argent aux entreprises, c'est vrai. Sauf que cette politique fait l'hypothèse qu'il n'y a pas de rupture dans la chaîne d'approvisionnement. Le séisme au Japon a rappelé que la Nature était plus forte que les modèles de gestion de stock !

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