Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

11/02/13 à 11:43 - Mise à jour à 11:43

Le gaz de schiste, un casse-tête pour les compagnies pétrolières américaines

C'était censée être une bonne nouvelle pour l'économie des Etats-Unis, mais, à court terme, c'est d'abord un casse-tête pour les compagnies pétrolières américaines. En effet, la découverte de gisements de gaz de schiste aux Etats-Unis va permettre à ce pays de devenir auto-suffisant et donc de ne plus dépendre du pétrole du Moyen-Orient ou même d'Amérique Latine.

Cependant, à court terme, le prix du gaz a dégringolé aux Etats-Unis et cette dégringolade tourne un peu au vinaigre pour les grands groupes pétroliers. En effet, comme le prix du gaz naturel a fortement baissé, toutes ces compagnies pétrolières doivent revoir à la baisse la valorisation de leurs gisements, logique mais désagréable car cela se traduit par des dépréciations en centaines de millions de dollars dans les comptes de ces sociétés.

En d'autres termes, la découverte d'importants gisements de gaz de schiste aux Etats-Unis ne fait donc pas que des heureux. Le patron de ExxonMobil a même déclaré que les groupes du secteur allaient tous "perdre leur chemise" à cause de la faiblesse des prix du gaz.

Et donc, aujourd'hui, il y a une bataille entre les pétroliers et les autres industriels américains, les pétroliers voudraient exporter une partie de ce gaz de schiste en Europe et en Asie, car même en tenant compte des coûts de transport, ce gaz américain sera encore moins cher que le gaz vendu en Europe, ce serait une manière pour ces grandes compagnies de récupérer une partie de leur perte en fourguant à l'Europe ce gaz trop bon marché aux Etats-Unis. Evidemment les industriels américains ne sont pas d'accord et font pression sur Barack Obama pour ne pas laisser ce gaz sortir des Etats-Unis.

D'abord, parce que ce gaz bon marché donne un avantage compétitif aux entreprises américaines et permet même de relocaliser des entreprises qui étaient parties en Asie pour des raisons de coûts. Donc, Obama, a choisi le camp des entreprises américaines au détriment du secteur pétrolier, cela change de George Bush, jr, qui était inféodé aux lobbys pétroliers, mais cela ne fait pas notre affaire car cela signifie qu'en plus de la guerre monétaire qui fait des ravages en ce moment entre les grands pays, il y a une deuxième guerre qui vient de commencer, celle de l'énergie bon marché et qui profite pour l'heure surtout aux entreprises américaines. Au fond, et pour faire un raccourci, grâce au gaz de schiste et aux gains de compétitivité qu'il génère, les Américains vont pouvoir exporter leur chômage chez nous, avouez qu'il y a des exportations plus sympathiques.

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