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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

17/01/11 à 11:48 - Mise à jour à 11:48

Le fondateur milliardaire de Zara tire sa révérence

Amancio Ortega est sans doute le multimilliardaire en euros le plus discret au monde. La meilleure preuve de cela, c'est qu'il n'accorde aucune interview à la presse et qu'il n'y a qu'une seule photo de lui !

Amancio Ortega est sans doute le multimilliardaire en euros le plus discret au monde. La meilleure preuve de cela, c'est qu'il n'accorde aucune interview à la presse et qu'il n'y a qu'une seule photo de lui. Et encore, c'est une photo prise à la dérobée et que les journalistes du monde entier se repassent sans cesse.

Cet homme, qui a créé et fondé Zara, le groupe de textile bien connu, est aujourd'hui l'homme le plus riche d'Espagne et la 9e fortune mondiale, selon le classement du magazine américain Forbes. A 75 ans, il est aujourd'hui à la tête d'une fortune personnelle estimée à 25 milliards d'euros.

Cet homme hors du commun vient d'annoncer à ses salariés qu'il quitterait la tête de son groupe l'été prochain. Contrairement à ce qu'affirmait la rumeur, ce n'est pas sa fille âgée de 26 ans qui lui succédera, mais bien son directeur général, Pablo Isla, un avocat de formation.

Il est vrai que ce directeur général a fait ses preuves depuis 2005, année de son engagement. D'abord, il a fort bien géré le groupe familial qui, en réalité, s'appelle Inditex et non Zara. En effet, Inditex ne chapeaute pas seulement la marque Zara mais également les sept autres marques qui appartiennent au groupe, dont Massimo Dutti, Pull & Bear et Bershka.

La présence d'Inditex sur quasiment tous les continents - notamment dans les pays émergents à forte croissance - a permis à la maison mère de Zara de ne pas être effleurée par la crise. Sur les neuf premiers mois de 2010, la société a encore réalisé un bénéfice d'un peu plus de 1 milliard d'euros, soit une hausse de 42 % par rapport à 2009. Arrivé aux portes de la retraite, Amancio Ortega pourrait donc chantonner avec conviction : "Ma petite entreprise connaît pas la crise", et il aurait raison !

Son départ volontaire signe la fin d'une époque. Celle d'un self-made-man né en 1936 dans un village de la province de León, en Castille, et qui, après avoir été coursier à 14 ans dans une mercerie, a bâti un empire dans la plus grande discrétion. Chapeau, l'artiste.

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