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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

09/01/12 à 11:07 - Mise à jour à 11:07

Le Club Med en passe de gagner son pari ?

A quoi les riches servent-ils ? A passer la crise ! C'est ce que pourrait répondre Henri Giscard d'Estaing, patron du Club Med. Voilà une firme très connue mais dont les chiffres étaient exécrables depuis plusieurs années...

A quoi les riches servent-ils ? A passer la crise ! C'est ce que pourrait répondre Henri Giscard d'Estaing, patron du Club Med. Voilà une firme très connue mais dont les chiffres étaient exécrables depuis plusieurs années. Au point que, l'an dernier, Bernard Tapie, fort de ses 200 millions d'euros reçus de l'Etat français, voulait (soi-disant) racheter une partie du capital et mettre dehors le PDG actuel. Un PDG dont Bernard Tapie disait qu'il était aussi capable de diriger le Club Med que lui-même Notre-Dame-de-Paris.

Les derniers chiffres du Club Med, dévoilés par le journal Le Monde, démontrent que ce PDG est sans doute en train de gagner son pari. Un pari des plus simples : depuis plusieurs années, il fait en sorte que le Club Med monte encore plus en gamme pour se distinguer des autres clubs qui pratiquent aussi le forfait "tout inclus".

Cette politique a mis du temps à porter ses fruits, à tel point que certains experts pensaient que c'était un fiasco. Les chiffres leur donnaient raison jusqu'à présent. Ce n'est plus le cas depuis le dernier exercice : non seulement le chiffre d'affaires est enfin en hausse, une chose qu'on n'avait pas vue depuis quatre ans, mais le bénéfice affiche un bon 2 millions d'euros au compteur alors qu'en 2010, la perte était de 14 millions d'euros.

L'explication d'un succès est plausible car l'actualité n'a pas été tendre envers des firmes comme le Club Med. Les révoltés dans les pays arabes ont détourné beaucoup de touristes de ces pays dans lesquels le Club Med est implanté. Sans oublier la récession économique, qui force les citoyens à regarder de près chaque poste de frais, y compris les vacances. C'est ce cocktail dangereux qui a mis en péril, voir presque mis en faillite l'opérateur Thomas Cook qui, lui, au contraire du Club Med, mise sur le tourisme de masse !

Les bons chiffres récents du Club Med doivent toutefois être consolidés pour qu'on puisse crier victoire. Les actionnaires en sont les premiers convaincus : si le Club Med valait encore 1,7 milliard d'euros en bourse en 2006, il n'en vaut plus aujourd'hui que 380 millions d'euros. Comme le disait joliment Le Monde, Bernard Tapie n'est pas encore à la direction de Notre-Dame-de-Paris.

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