Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

19/01/10 à 15:22 - Mise à jour à 15:22

Le blues des libraires indépendants

Les marchands de journaux indépendants sont assaillis par la concurrence et réclament certains monopoles pour pouvoir pérenniser leur activité.

Le blues des libraires indépendants

On a beaucoup parlé ces derniers jours du blues des marins pêcheurs, de celui des transporteurs, de celui des agriculteurs. Mais pas de celui des libraires. Si j'en parle aujourd'hui, le mérite n'en revient pas moins à Bernard Marchand, le patron de Rossel, la société qui détient notamment le journal Le Soir. Pour expliquer en partie la raison du déclin des ventes du Soir, mais aussi celle des autres quotidiens francophones, Bernard Marchand a fait part de son inquiétude quant à l'appauvrissement du réseau des libraires en Belgique.

Le journal L'Echo a d'ailleurs pu le vérifier auprès de Prodipresse, qui est la principale association de libraires indépendants. C'est clair, il y aurait entre 200 et 250 points de vente à reprendre en Belgique. Et si ces points de vente sont à vendre, c'est parce que les libraires concernés ne s'en sortent plus sur le plan financier.

Alors, c'est vrai, les libraires n'ont jamais vraiment roulé sur l'or. Mais aujourd'hui la concurrence est encore plus rude que par le passé. Les libraires indépendants sont concurrencés sur leur métier de base par les grandes surfaces, les stations-services, les press-shop et autres night-shop. Ils le sont aussi sur les autres activités que sont la vente de billets de loterie ou la vente de tabac ou de confiserie. Et ces autres activités représentent souvent deux tiers de leur chiffre d'affaires.

Quand on fait le compte des conséquences de cette concurrence, le résultat est hélas très simple: 60% des librairies indépendantes ne sont rentables qu'à la condition que le gérant travaille 12 à 13 heures par jour. Il y a donc un danger de voir de plus en plus de points de vente fermer pour absence de rentabilité. Les éditeurs de journaux sont inquiets: même si le nombre de grandes surfaces vendant des quotidiens augmente, ces grandes surfaces ne sont pas ouvertes très tôt le matin.

Or, un quotidien comme Le Soir ou La Libre doit forcément être vendu très tôt le matin. De même les éditeurs de magazines ne sont pas ravis non plus car ils savent que ce trafic matinal est bon également pour la vente de leurs magazines. Moins il y aura donc de trafic, moins il y aura de ventes. C'est mécanique.

Pour se défendre contre cette concurrence, les libraires indépendants voudraient disposer de certains monopoles comme la vente de tabac. Ils voudraient aussi que la Loterie nationale leur réserve certains jeux. Ce n'est pas un combat facile, même si le ministre des Finances, Didier Reynders, leur a promis d'y réfléchir.

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