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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

04/02/10 à 11:18 - Mise à jour à 11:18

La zone euro n'explosera pas

Il fallait s'y attendre, mais maintenant, c'est officiel ! La Grèce est désormais mise sous surveillance stricte par la Commission européenne.

La zone euro n'explosera pas

© Epa

Il fallait s'y attendre, mais maintenant, c'est officiel ! La Grèce est désormais mise sous surveillance stricte par la Commission européenne.

Cette décision plutôt humiliante a été prise ce mercredi 3 février. Il faut rappeler à ce sujet que les anciens gouvernements grecs ont largement traficoté leurs dernières statistiques officielles et que les chiffres macroéconomiques de la Grèce ont connu le même sort en 1999 pour permettre à la Grèce de rejoindre l'euro.

La Grèce est donc priée de mettre de l'ordre dans ses finances publiques pour retrouver la confiance des marchés financiers mais aussi celle de ses partenaires européens.

Contrairement à ce qu'espéraient certains spéculateurs, la Grèce ne sortira pas de l'euro et donc la zone euro n'explosera pas. En réalité, il n'en a jamais été question sauf dans les rêves les plus fous des spéculateurs.


Pour quelles raisons ?

Si la Grèce sortait de l'euro, ce serait pour pouvoir reprendre son ancienne monnaie nationale et pouvoir dévaluer sa nouvelle monnaie à sa guise, ce qu'elle ne peut évidement pas faire si elle reste dans la zone euro...

Mais imaginons qu'elle suive ce scénario, que se passerait-il en réalité ?

C'est simple, il faudrait qu'elle imprime des billets de banques et des pièces dans sa nouvelle monnaie à la vitesse vv', ce qui est impossible à faire en moins de quelques mois et jetterait un discrédit total sur la Grèce. Deuxième raison, une dévaluation pourrait booster ses exportations en défaveur de ses anciens partenaires de la zone euro, sauf que la Grèce n'est pas un grand pays exportateur et donc l'impact de la dévaluation serait limité

Dévaluer, cela signifie que les biens importés seront plus chers, et donc que l'inflation grecque va augmenter et si elle augmente, les salariés vont demander une augmentation salariale pour sauvegarder leur pouvoir d'achat, ce qui est mauvais pour la compétitivité des entreprises. De plus, le gouvernement serait obligé d'augmenter ses taux d'intérêt pour lutter contre l'inflation importée et ce faisant il casserait son économie. Bref, le remède serait encore pire que la solution

En réalité, c'est un jeu de poker menteur qui se joue. Le gouvernement grec n'ose pas affronter sa population avec des mesures trop impopulaires, souvenez-vous des jeunes qui ont défilé dans les rues l'an dernier et il est donc pour ainsi dire content que ce soit l'Europe qui lui impose ses mesures impopulaires. En résumé, les politiques grecs se cachent derrière la Commission européenne pour sauver le pays malgré lui.

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