Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

24/01/11 à 09:26 - Mise à jour à 09:26

La voiture, vache à lait de l'Etat ?

Le petit Salon de l'automobile qui vient de fermer ses portes est sans doute la bonne occasion pour tordre le cou à une idée reçue : l'automobile serait la vache à lait des gouvernements fédéraux et régionaux.

Le petit Salon de l'automobile qui vient de fermer ses portes est sans doute la bonne occasion pour tordre le cou à une idée reçue : l'automobile serait la vache à lait des gouvernements fédéraux et régionaux. Lorsqu'on fait le décompte des taxes et impôts, il y a effectivement de bonnes raisons de le croire. Que ce soit la TVA, la taxe de circulation, les taxes sur le carburant, la taxe autoradio, la taxe sur les primes d'assurances ou même le montant à payer pour le contrôle technique, la voiture ressemble furieusement à une vache à lait pour nos dirigeants politiques.

Ce calcul, qui va uniquement dans un sens, ne tient pas compte de ce que la collectivité doit assumer pour ce parc automobile : la construction de routes et leur entretien, sans oublier les coûts externes provoqués par la voiture : dégâts provoqués par la pollution, pollution sonore, accidents et facture des soins de santé liés à l'automobile.

Tous ces coûts ont été calculés pour la Belgique par l'Agence européenne pour l'environnement. Sans entrer dans les détails, sachez simplement que l'Etat, pour l'année 2004 (année de l'étude), a récolté 11.486 millions d'euros sous forme de taxes diverses. Les coûts externes liés à l'utilisation d'une voiture étaient, eux, évalués à 12.056 millions d'euros. Soit une différence de 570 millions d'euros non couverte par la fiscalité automobile.

Comme le faisait remarquer le journal L'Echo, ce calcul est encore biaisé à la baisse car on ne tient pas compte des coûts liés aux embouteillages, qui font perdre du temps et donc de la productivité au pays. Selon les chiffres officiels, les embouteillages coûteraient autour de 422.000 euros par jour.

En conclusion, si l'automobile est - en apparence - la vache à lait des gouvernements, en réalité, les coûts de l'automobile pour la collectivité sont nettement supérieurs à ce qu'elle rapporte. C'est étonnant mais c'es la réalité des chiffres.

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