Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

29/06/12 à 09:47 - Mise à jour à 09:47

La vérité sur la bonne santé factice de la Belgique

Quel que soit l'indicateur que l'on regarde, nous faisons généralement mieux que la moyenne européenne. Bien sûr, il n'y a pas de quoi pavoiser, mais quand on regarde ce qui se passe ailleurs, on se dit qu'on ne s'en tire pas trop mal. Alors, quel est notre secret ?

Alors que les dirigeants européens se sont réunis à Bruxelles pour discuter de l'avenir de la zone euro, ce qui frappe, c'est la relative stabilité économique de notre pays. Quel que soit l'indicateur que l'on regarde - notre croissance, notre niveau d'emploi, notre balance commerciale ou notre déficit public - nous faisons généralement mieux que la moyenne européenne. Bien sûr, il n'y a pas de quoi pavoiser, mais quand on regarde ce qui se passe ailleurs, on se dit qu'on ne s'en tire pas trop mal. Alors, quel est notre secret ?

En vérité, il n'y a pas de secret. Nous avons certes de bonnes raisons de nous réjouir... mais aussi d'autres raisons moins bonnes. Parmi les bonnes raisons qui expliquent notre bonne tenue économique, citons l'épargne des Belges. Colossale, cette épargne protège le pays contre les tempêtes financières.

Il y a aussi le fait que le pays a fait beaucoup d'efforts d'assainissement par le passé, notamment durant les 20 dernières années. Si vous parlez avec un économiste, il vous dira que l'époque de Guy Verhofstadt était une époque, contrairement à l'image que donne aujourd'hui ce dirigeant politique, où le gouvernement s'est relâché et n'a pas consenti les efforts d'assainissement qu'il aurait dû consentir. Le gouvernement Verhofstadt a préféré baisser certains impôt plutôt que de réaliser les économies nécessaires. Malgré ces cadeaux fiscaux, notre pays a accompli un certain assainissement et donc, finalement, la Belgique est entrée dans la crise dans un meilleur état que d'autres pays européens.

L'autre bonne raison, c'est que notre économie est très sensible à l'économie allemande pour la simple raison que la Belgique est un peu le sous-traitant de l'Allemagne. Donc, quand ce pays va bien, nous allons bien aussi.

Voilà pour les bonnes raisons qui justifient notre relative bonne santé aujourd'hui. Ceci dit, comme le faisait remarquer l'économiste Etienne de Calataÿ, il y a aussi les mauvaises raisons. En Belgique, nous n'avons pas encore réalisé de véritables réformes, que ce soit en termes de retraites, de flexibilisation du marché de l'emploi. Or, chacun sait que, quand on réalise des réformes, le premier effet est d'abord négatif et ce n'est que quelques années après que l'on voit les effets positifs.

Donc, oui, nous nous portons bien, mais c'est aussi en partie parce que nous n'avons pas encore osé prendre les mesures impopulaires que d'autres pays ont déjà prises. Notre bonne santé est en partie factice. Sans être tous économistes, les Belges le savent bien, et c'est la raison pour laquelle, ils épargnent autant. Pour se réserver une poire pour la soif.

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