Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

24/06/10 à 09:52 - Mise à jour à 09:52

La taxe bancaire ne verra (sans doute) pas le jour au G20

Il est possible qu'à la fin de ce weekend, le communiqué de presse final du G20 se contentera de dire que chaque pays pourra faire ce qu'il veut en matière de taxe bancaire. Ce qui reviendra, dans les faits, à enterrer cette idée en grande pompe.

Samedi soir s'ouvrira le sommet du G20 à Toronto. Comme d'habitude, ce sommet a pour but de coordonner les politiques de ces 20 pays pour permettre une sortie de crise plus rapide. Parmi les sujets qui doivent être évoqués figure l'éventuelle taxation des banques. Des pays comme la France et l'Allemagne y sont très favorables mais souhaitent que cette taxation soit une décision collégiale et non une décision réservée à quelques pays. Sans quoi, évidemment, la France et l'Allemagne risquent de déforcer leur secteur bancaire au profit des autres.

Ce souhait d'une taxation des banques est cependant loin, très loin d'être exaucé. Il est même probable qu'elle n'aura sans doute pas lieu.

La première raison tient au fait que le pays d'accueil du G20, le Canada, n'est pas demandeur d'une taxation de ses banques. Il estime que les institutions canadiennes n'ont pas trop souffert de la crise des subprimes et ne sont donc pas concernées. D'autres nations comme le Japon, la Chine et la Russie pensent exactement la même chose : pour elles, la taxation des banques n'est pas une priorité.

La deuxième raison tient au lobbying du secteur bancaire. Plusieurs études à l'appui, ce secteur essaie de démontrer qu'une taxe bancaire se traduirait par une hausse du coût du crédit, hausse qui serait forcément répercutée sur les clients. En définitive, cette taxe bancaire risquerait de nuire à la croissance et à l'emploi.

La thèse n'est pas convaincante à 100 % car elle ne chiffre que les aspects négatifs de cette taxe, sans en intégrer les aspects positifs, notamment sa capacité à réduire la fréquence et l'ampleur des crises...

Peu importe, la thèse des banques a le mérite de faire peur aux gouvernements. Il est donc possible qu'à la fin de ce weekend, le communiqué de presse final du G20 se contentera de dire que chaque pays pourra faire ce qu'il veut en matière de taxe bancaire. Ce qui reviendra, dans les faits, à enterrer cette idée en grande pompe.

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