Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

28/03/14 à 12:05 - Mise à jour à 12:05

La roue de la fortune aurait-elle tourné pour les valeurs technologiques?

Certains le croient après les claques subies en Bourse ces derniers jours par quelques sociétés. C'était le cas de Facebook, qui a déjà chuté de plus de 12% depuis son record, c'est aussi le cas de Twitter qui, il y a deux jours, a plongé de 7 % en Bourse. Et puis surtout c'était le cas de cette société dénommée King Digital Entertainment et qui s'est totalement rétamée après son introduction en Bourse de cette semaine, au point que la presse a changé le nom de son jeux le plus célèbre dénommé Candy Crush en... Candy Crash !

N'étant pas moi-même un fan de jeux sur Internet, j'ai appris que la société King Digital Entertainment avait mis au point ce jeu "Candy Crush", spécialement conçu pour les smartphones et qui rend accro visiblement plus de 100 millions de personnes de par le monde. C'est un jeu simple mais très addictif, et qui consiste à faire éclater des bonbons par certaines combinaisons. Le jeu est gratuit ce qui permet d'attirer un maximum de joueurs, bien entendu. Mais la société King Digital Entertainment n'est pas une oeuvre de bienfaisance, elle se rattrape en proposant aux joueurs de Candy Crush d'acheter pour quelques dollars certaines options qui permettent, à ces joueurs, d'avancer plus vite dans la partie.

Voilà pour le jeu en question. Pour ce qui concerne les chiffres de la société King Digital, ils sont plutôt bons : la société a beau être une société internet, elle gagne de l'argent, et même pas mal d'argent. Elle a même affiché un bénéfice imposable de 714 millions de dollars en 2013 pour un chiffre d'affaires de 1,8 milliards de dollars !

Mais alors , si tout va bien pour cette firme de jeux sur Internet, pourquoi a-t-elle dégringolé en Bourse ? Parce que les investisseurs, dans un moment de lucidité rare, se sont rendu compte que si King Digital a une centaine de jeux en portefeuille, celui avec les bonbons - le fameux Candy Crush -représente à lui seul les trois quarts de son chiffre d'affaires. Or, ce jeu semble s'essouffler et donc son succès sera éphémère. Les investisseurs ont peur de vivre le même scénario qu'avec Zynga, un autre éditeur de jeux, qui s'est littéralement écroulé après que son jeux phare, Farmville, soit passé de mode !

Mais ce qui est fou dans tout cette affaire de bulle technologique, c'est que la Bourse sanctionne un éditeur de jeux sur Internet qui gagne de l'argent mais qui dépend d'un seul jeu. Au même moment, la Bourse porte aux nues d'autres sociétés Internet qui, elles, n'ont pas encore gagné un seul cent. Les puristes diront que c'est parce que la Bourse anticipe des profits futurs, sans doute, mais avouez que le commun des mortels a de quoi y perdre son latin.

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