Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

11/01/11 à 09:32 - Mise à jour à 09:32

La perception des finances de notre pays se dégrade très vite

Le raz le bol des citoyens à l'égard de l'absence de gouvernement commence à inquiéter sérieusement les milieux économiques, mais également les marchés financiers.

Ces derniers jours, ils ne se sont pas privés pour le dire ou le montrer à leur façon. Il y a d'abord eu la déclaration du patron de la fédération des entreprises, Rudi Thomaes qui n'a pas hésité à déclarer dans un journal financier néerlandais que, "le monde politique doit prendre le temps pour trouver un accord, mais cela ne peut plus se poursuivre comme cela". Ce sont des paroles, importantes sans doute puisque c'est le patron des patrons qui le dit, mais ce sont malgré tout encore des paroles.

Il est intéressant de voir comment réagissent les marchés financiers, car là, on parle chiffres. Lundi, hier donc, le rendement des obligations à 10 ans de l'Etat belge - autrement dit, les obligations qui servent de référence pour notre dette publique - a atteint 4,27%. Au même moment, les obligations allemandes - qui sont la meilleure référence - ne donnaient qu'un rendement de 2,88%. En clair, cela veut dire que nous devons donner un rendement supplémentaire de 1,39% pour caser nos obligations à 10 ans, c'est-à-dire notre dette publique ! Cela commence à faire beaucoup même si ce n'est pas dramatique.

Goldwasser Exchange, une société spécialisée dans la gestion de l'épargne a calculé que ce supplément d'intérêt - dû à l'absence de gouvernement - coûtait déjà 13 euros par an à chaque Belge. Comme si cela ne suffisait pas, une autre société d'analyses - CMA pour ne pas la citer - s'est amusée à établir un top 20 des pays qui risquent la banqueroute. Notre pays occupe désormais la 16e place, alors qu'il y a neuf mois, la Belgique était à la 53e place. Autrement dit, faute de gouvernement, la situation ou plutôt la perception des finances de notre pays se dégrade très vite. Donc, quand quelqu'un tient des propos de comptoir en disant que le pays va finalement bien même sans gouvernement, il se trompe lourdement.

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