Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

06/09/11 à 09:50 - Mise à jour à 09:50

La nervosité des Bourses

La plupart des Bourses ont terminé ce lundi dans le rouge, notamment du côté des actions bancaires qui ont à nouveau été très chahutées par les investisseurs.

En toile de fond de cette nervosité, on trouve comme explication :

1. Les investisseurs s'inquiètent de la mise en oeuvre du deuxième plan de sauvetage de la Grèce, un plan destiné à éviter la faillite du pays qui comme vous le savez serait une hypothèse catastrophique pour toute la zone euro. Mais le ministre grec des Finances a hélas reconnu vendredi dernier que son pays ne respecterait pas son objectif de déficit public pour 2011 du fait de l'aggravation de la récession. La nouvelle a rendu nerveux les investisseurs et les a incités à vendre leurs actions bancaires.
2ème raison. À ces nouvelles inquiétudes sur la crise de la dette en Europe, s'est rajoutée la plainte déposée aux Etats-Unis contre 17 banques et institutions financières dans le monde pour des fraudes liées à la crise des subprimes. Là encore, ce n'était pas une bonne nouvelle pour les actions bancaires.

Enfin, point 3 qui justifie la dégringolade des actions bancaires : la volonté exprimée par la patronne du FMI de recapitaliser les banques européennes, autrement dit de renforcer leurs fonds propres, ce qui est un message qui a été jugé comme non rassurant par les marchés financiers.

Question subsidaire : Ces craintes sont-elles justifiées? Pour certains experts, ces craintes ne sont pas vraiment justifiées, du moins sur le court-terme. Pour ces experts, c'est surtout une crise de confiance qui mine les marchés. Mais c'est vrai, il faut bien constater que les banques sont très craintives à se prêter entre elles. La preuve, c'est que plutôt que de se prêter entre elles, les banques préfèrent déposer leurs surplus quotidiens auprès de la banque centrale européenne même si ces surplus sont rémunérés des cacahouètes.

Tout cela veut dire quoi ? Que trois ans après l'éclatement de la crise, le malaise est toujours là. Ainsi malgré un évident effort de redressement, des banques comme Dexia et KBC restent "vulnérables", selon les propres mots du gouverneur de la BNB, Luc Coene. Et voir dans ce contexte, Stefaan Decraene, le patron de Dexia Banque Belgique partir pour la concurrence, sans doute chez BNP Paribas, ce n'est pas quelque chose de nature à rassurer les investisseurs sur l'avenir de Dexia, même si un remplaçant lui a déjà été trouvé. Le marché risque donc de rester encore nerveux à la moindre mauvaise nouvelle.

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