Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

29/11/12 à 15:50 - Mise à jour à 15:50

La mondialisation ne tient plus la route

Cela fait quatre jours que je vous explique pourquoi la mondialisation est en partie à l'origine de notre taux de chômage et donc de la précarité d'une partie de notre population. Pas parce que la mondialisation est mauvaise en soi, que du contraire, mais parce que cette mondialisation - notamment avec la Chine - est asymétrique.

Autrement dit, la Chine agit de sorte que le libre-échange, c'est pour les autres, mais les protections sont pour elle ! D'accord, la mondialisation n'est pas parfaite, mais c'est grâce à la mondialisation que les prix ont pu baisser, que le pouvoir d'achat - et notamment des plus pauvres - a pu s'améliorer. Lutter contre la mondialisation, c'est faire payer plus cher leurs jouets ou leurs tee-shirts aux plus pauvres d'entre nous !

Faux ! Archi-Faux selon l'économiste Henri de Bodinat - si c'est vrai que l'électronique grand public, les jouets et une partie du textile ont vu leur prix baisser - ce n'est pas le cas des dépenses contraintes. Des dépenses obligatoires comme le logement, l'électricité, les transports, les assurances, les services bancaires ou les... impôts ! Quant aux produits dont les prix ont baissé, bien souvent, leur qualité s'est dégradée fortement ! In fine, la baisse des prix a été moins forte que la baisse de la qualité.

En revanche, les marges des grandes marques de type Apple, Nike ou Mattel ont pu augmenter très fortement grâce aux coûts chinois très faibles. Mais cette marge a été utilisée non pas pour donner du pouvoir d'achat aux Occidentaux, mais pour pouvoir financer des campagnes de marketing très subtiles pour nous inciter à acheter des produits très chers. La marge des produits Apple ne va pas aux Chinois, ni aux consommateurs occidentaux, mais aux actionnaires de la firme. Le mythe de la mondialisation synonyme de gains de pouvoir d'achat ne tient pas la route. Les plus fortes baisses de prix dans le textile ou l'ameublement sont d'ailleurs le fait d'Ikea et de Zara, deux firmes qui produisent en Europe mais qui ont adopté un autre modèle économique que la simple sous-traitance en Asie. Même chose pour l'aviation avec Ryanair ou EasyJet. La mondialisation, à part pour quelques produits médiocres, n'a pas fait baisser les prix, mais s'est soldée par une perte d'emplois et de pouvoir d'achat.

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