Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

17/06/10 à 10:53 - Mise à jour à 10:53

La fin du "made in China" ? Un pétard mouillé !

L'iPhone d'Apple va-t-il remettre en cause le modèle du made in China ? C'était le titre d'un article de presse sans doute un peu exagéré mais qui a au moins le mérite de poser la question.

L'iPhone d'Apple va-t-il remettre en cause le modèle du made in China ? C'était le titre d'un article de presse sans doute un peu exagéré mais qui a au moins le mérite de poser la question. Pour le moment, le made in China est toujours basé sur une population nombreuse et payée au lance-pierre. Or, depuis quelques jours, plusieurs grèves mettent à mal ce modèle d'esclavagisme moderne en réclamant une hausse des salaires. Du jamais vu dans l'Empire du milieu !

La grève a d'abord démarré chez Foxconn. Le nom de cette firme ne vous dit sans doute rien mais c'est le premier sous-traitant mondial en électronique. Cette entreprise, qui produit l'iPhone, a plié suite à une vague de suicides sans précédent. Elle augmentera donc ses salariés de 70 % à partir du mois d'octobre. Il est vrai que ces ouvriers étaient payés 110 euros par mois, alors que le coût de la vie sur place est évalué à 240 euros par mois...

Dans un premier temps, on a minoré l'aspect exemplatif de cette hausse salariale. D'abord, parce que Foxconn travaille non seulement pour Apple, mais également pour Dell et HP. Il est clair que ces firmes occidentales n'aiment pas être en "une" des journaux à cause des mauvais agissements de leurs sous-traitants.

Si Foxconn ne travaillait pas pour Apple mais pour des entreprises moins visibles, peut-être n'en aurait-on pas parlé chez nous. Il est vrai que l'agenda d'Apple a joué un rôle d'accélérateur pour forcer les dirigeants chinois à lâcher du lest, car l'usine chinoise tourne à plein régime pour fournir les pièces nécessaires à l'iPad et à la dernière version de l'iPhone. Chaque jour de retard devenait donc problématique.

D'autres firmes chinoises, dont l'usine d'assemblage de Honda, ont également été paralysées par des grèves liées à des demandes légitimes d'augmentations salariales. A chaque fois, la direction a fini par accorder ces augmentations.

D'où la question : ces quelques cas particuliers vont-elles faire tache d'huile ? Si c'est le cas, est-ce la fin du made in China ? Oui et non.

Non, dans le sens où, même si le prix de ses produits augmente quelque peu, personne en Occident n'est capable aujourd'hui de fabriquer ces produits. Bref, ils coûteront plus chers, un point c'est tout.

Oui, dans le sens où, si ces augmentations devaient se généraliser, les entreprises étrangères iraient au Vietnam où le salaire mensuel est de 35 euros, ou en Indonésie où il est de 44 euros, sans oublier le Laos, où là le salaire mensuel est de 29 euros.

J'ai bien peur que la thèse de la fin du fameux made in China ne soit, en définitive, qu'un pétard mouillé.

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