Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

25/06/13 à 12:20 - Mise à jour à 12:20

La FED met les Bourses sous pression

Pour le moment, les Bourses sont très chahutées depuis quelques jours : les actions des pays émergents trinquent, le cours de l'or dégringole encore plus, et les actions à Wall Street ou en Europe sont en chute libre. Et le pire, c'est que tout cela était largement prévisible !

Prévisible parce que les investisseurs boursiers sont comme les cyclistes du Tour de France : ils doivent apprendre à pédaler sans EPO ! En effet, les Boursiers ont été habitués à vivre avec le soutien de la banque centrale américaine (FED). Cette dernière a non seulement fixé les taux d'intérêt à court terme à presque 0% mais elle a aussi maintenu les taux d'intérêt à long terme à un niveau historiquement très bas en rachetant chaque mois, je dis bien chaque mois, 85 milliards de dollars en obligations américaines!

Eh bien, la période des taux d'intérêt très bas, c'est fini !
A priori, c'est une bonne nouvelle en soi : pourquoi ? Mais parce que la banque centrale américaine a bien indiqué qu'elle ne laisserait grimper les taux d'intérêt que le jour où elle aurait l'intime conviction que le taux de chômage aux Etats-Unis est en baisse, et c'est le cas ! Une bonne nouvelle donc sauf paradoxalement pour les boursiers...

Eh oui, les investisseurs se sont habitués à vivre avec le syndrome TINA (There Is No Alternative) ; autrement dit, comme les taux d'intérêt à court terme et à long terme étaient très bas, et si l'on voulait avoir du rendement, il n'y avait pas d'autre alternative que d'aller voir du côté des actions des pays émergents par exemple ! C'est ce qui explique que le mot d'ordre des boursiers était "en avant toute vers les pays émergents" !

Mais bon, comme les taux d'intérêt vont sans doute remonter d'ici quelques mois, ce sont évidemment les actions qui ont plus profité des taux bas qui ont reçu une claque... Il y a aussi l'or bien entendu qui n'intéresse plus grand monde car les risques d'inflation ont quasi disparu ! Et puis, il y a les actions des pays émergents qui en plus, on l'a vu en Turquie, sont moins stables qu'on ne le croyait... Donc, en résumé, oui les Bourses ont mal réagi au fait que le dealer en chef, le président de la banque centrale américaine, a décidé de sevrer ses principaux clients ; des clients qui sont aujourd'hui en manque mais vont devoir apprendre à vivre sans dopant artificiel, sans des taux d'intérêt très faible. Mais ce n'est pas plus mal et surtout c'est beaucoup plus sain !

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