Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

24/02/12 à 08:25 - Mise à jour à 08:25

La face cachée du modèle allemand

Oui, l'Allemagne est un modèle en ce moment, mais c'est un modèle de court terme car aujourd'hui, les Allemands ne peuvent plus promettre à leurs enfants qu'ils vivront mieux.

L'Allemagne a la cote aujourd'hui auprès des hommes politiques, qui la citent souvent en exemple. Mais l'Allemagne a aussi la cote auprès des marchés financiers, qui demandent un taux d'intérêt très faible à ce pays, en tout cas, beaucoup plus faible que pour les autres pays, car ils ont décrété que l'économie allemande était la plus solide en Europe. Quant à Angela Merkel, plusieurs magazines européens l'ont désignée comme la véritable patronne de la zone euro.

Officiellement, le secret de l'économie allemande tient en quelques points. Ils ont réussi à maîtriser leurs dépenses publiques - ils ont des PME extrêmement dynamiques et très fortes à l'exportation - et un dialogue social moins conflictuel que chez nous. Voilà pour le cocktail de ce qui marche.

Ce dont je vais vous parler aujourd'hui, c'est de la face cachée du modèle allemand. Ce dont on ne parle pas ou très peu.

Premier constat : c'est vrai que le taux de chômage allemand est l'un des plus faibles d'Europe, mais ce taux cache le fait qu'un quart des emplois sont des emplois qu'on appelle des "mini-jobs", des jobs à 400 euros par mois. Au départ, ces mini-jobs à 400 euros par mois devaient juste servir de tremplin vers un vrai job, un job à contrat à durée indéterminée. Au final, les entreprises sont les seules à en profiter et à peine 9 % des détenteurs de ces mini-jobs finissent par avoir un vrai job.

Donc oui, c'est vrai, le taux de chômage allemand est plus faible que chez nous, mais 25 % des travailleurs allemands sont des travailleurs pauvres, qui doivent cumuler deux ou trois jobs pour s'en sortir !

Deuxième constat : l'Allemagne vieillit plus vite que les autres pays. Les femmes y font moins d'enfants qu'en France, par exemple, pour la simple raison qu'il y a un manque de structures pour garder les enfants. Autrement dit, il y a moins de crèches : c'est pourquoi beaucoup de femmes allemandes travaillent en temps partiel après le premier enfant. Ce vieillissement de l'Allemagne posera un problème de financement de la sécurité sociale encore plus fort que chez nous.

Donc oui, l'Allemagne est un modèle en ce moment, mais c'est un modèle de court terme car aujourd'hui, les Allemands ne peuvent plus promettre à leurs enfants qu'ils vivront mieux.

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