Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

22/08/12 à 10:02 - Mise à jour à 10:02

La crise touche la presse people, même les pieds dans l'eau

Si vous êtes partis en vacances, vous avez peut-être acheté à l'aéroport, à la gare ou dans un kiosque à l'étranger, un magazine people. Soit parce vous êtes accro à ce genre de lecture,soit, sans vouloir vous l'avouer, parce que cela vous permet de vous changer les idées avec des "informations" que l'on pourrait qualifier de "light".

Après tout, pourquoi pas. Nul n'est obligé de lire Kant sur la plage. Traditionnellement, l'été est la saison phare de ce type de magazines. C'est donc durant cette période qu'ils réalisent leurs plus grosses ventes de l'année.

Sauf que cette année, où le miracle estival ne s'est pas produit. La diffusion des principaux titres "people", - pour nous autres francophones, on parle surtout des journaux français comme Voici, Public, Closer, Gala ou France Dimanche - est donc en baisse de 10% pour le mois de juillet dernier. Bien entendu, ce recul reste mesuré par rapport au moins de juillet 2011. Mais visiblement les premiers chiffres du mois d'août ne sont pas plus réjouissants !

C'est plutôt embêtant pour cette famille de magazines, car à l'inverse de magazines respectables comme L'Express, Le Point, Le Nouvel Observateur ou chez nous, Le Vif - L'Express, les ventes des magazines people se font très peu par abonnements mais quasi uniquement en kiosque, pour 85% d'entre eux. Mais pourquoi cette baisse de la presse "people" ? Après tout, ce ne sont pas les scandales ou les nouvelles croustillantes qui manquent.

Eh bien, si. Cette année, cette presse n'a pas pu compter sur une seconde affaire DSK ni sur un mariage princier britannique. Cette actualité moins riche a eu un impact négatif. De même, la presse people souffre car elle est - elle aussi - impactée par la crise. Au point que des magazines comme Voici essaient de tirer leur épingle du jeu en baissant leur prix de vente de 1,5 à 1 euro.

Comme d'autres supports, la presse people est également victime d'Internet et des sites comme purepeople.com qui n'existent que sur format web. Oh bien sûr, les éditeurs des magazines people ont aussi réagi et tous disposent aujourd'hui de leurs sites web. Même si un site comme public.fr, pour ne citer qu'un seul exemple, draine 3 millions de visiteurs uniques, la rentabilité de ces sites laisse encore à désirer. D'autre part, la plus grande concurrence sont les réseaux sociaux type Facebook qui alimentent la toile d'informations, de buzz et autres ragots. Voilà les principales raisons pour lesquelles ces magazines people se vendent moins bien que par le passé.

Ce phénomène avait déjà été constaté en 2011, l'été 2012 ne fait donc que confirmer la tendance. Mais rassurez-vous, ils gagnent encore de l'argent : les magazines people sont d'ailleurs - en termes de volumes - la troisième famille de magazines après les magazines télé et les féminins. Malheureusement, la tendance à la baisse n'en est pas moins présente.

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