Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

21/11/11 à 10:05 - Mise à jour à 10:05

La crise économique s'est transformée en une crise politique

Plusieurs gouvernements ont été mis à la porte, à la fois, par la pression des marchés financiers, et ensuite par la pression populaire. C'est le cas en Grèce, en Italie, et depuis ce dimanche, c'est également le cas en Espagne.

A chaque fois, c'est le même discours qui ressort. Pour rassurer les marchés financiers, tous ces pays montrent patte blanche : çàd qu'ils se montrent encore plus rigoureux que leur voisin, en montrant aux marchés financiers - çàd à une sorte d'autorité invisible - qu'ils prennent les choses en mains et que le déficit public et la dette seront diminués grâce aux mesures budgétaires draconiennes qu'ils ont prises.

En réalité, il n'y a pas que les marchés financiers qui font pression sur les pays de la zone euro, c'est aussi le cas de l'Allemagne. Etant jugée comme le pays le plus vertueux et le plus solide de la zone euro, l'Allemagne a littéralement fait une OPA sur les autres pays. Son discours ces dernières semaines a été simple : à la Grèce qui refusait d'avaler la pilule amère du FMI, Angela Merkel a dit à Papandréou : c'est le plan ou la porte ! Et puis quand Berlusconi a refusé de rassurer les marchés en prenant rapidement les décisions qu'il faut, Merkel lui a dit en substance : c'est l'austérité ou la porte - et même nos amis français, qui pensent codiriger l'Europe avec l'Allemagne, même eux, ont été rappelés à leur devoir avec un message subliminal de Merkel à Sarkozy : c'est la réduction du déficit ou la porte !

Les plus pessimistes diront que c'est grave, que l'Europe se retrouve dirigée aujourd'hui par des technocrates comme en Italie ou en Grèce, bref, des personnes sans légitimité électorale. Bref, la voix du peuple est confisquée. Les plus optimistes diront, au contraire, que c'est une bonne chose que l'Europe devient plus allemande. Elle sera mieux gérée et les générations futures ne devront plus craindre les dérapages budgétaires que l'on a connus ces dernières années. Sans compter que la crise aura plus fait pour créer une Europe fédérale que n'importe quel sommet européen. Chacun voit midi à sa porte.

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