Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

15/07/11 à 10:10 - Mise à jour à 10:10

La crise de la dette est loin d'être terminée

Radio, télé et presse écrite ne parlent que de la crise de la dette qui est loin d'être terminée.

Radio, télé et presse écrite ne parlent que de la crise de la dette qui est loin d'être terminée. Au fond, si on veut bien se donner la peine d'y réfléchir, c'est normal, nous avons plutôt bien géré la crise de la dette privée, essentiellement celle des ménages américains surendettés, en la déplaçant vers les Etats. Mais au final, ce n'est qu'un déplacement de la dette de la poche des ménages surendettés vers la poche des Etats et donc in fine vers l'ensemble des contribuables, y compris ceux qui ne se sont jamais surendettés. Donc, il n'y a pas de secret, il faudra de longues années pour rembourser ses dettes. En Belgique, par exemple, le montant de la dette publique atteint les 97% du PIB, c'est-à-dire de notre richesse nationale.

Or, qu'a-t-on constaté au cours de l'histoire et pas seulement pour notre beau pays ? Dès que la dette publique atteint les 90% du PIB (ce qui est le cas aujourd'hui) les Etats ont tendance - cela est vérifié historiquement - à pratiquer ce que les économistes appellent la répression financière. En clair, les Etats font tout ce qui est possible pour rembourser en monnaie de singe, les investisseurs qui détiennent des obligations d'état.

Comment font-ils ? C'est simple, ils font en sorte d'avoir un taux réel négatif, c'est-à-dire de vous verser un taux d'intérêt nominal qui devient négatif, une fois que vous avez retiré l'inflation. Pour arriver à ce tour de passe-passe, les Etats font tout pour que les taux d'intérêt restent le plus bas possible, mais ces Etats s'arrangent pour laisser un peu filer l'inflation et de la sorte, ni vu ni connu, ils remboursent en monnaie de singe, une pratique courante aux États-Unis. Là-bas, la banque centrale américaine fait tourner la planche à billets d'une manière qui frôle selon certains commentateurs la fraude, et grâce à ces dollars qui sont imprimés au départ de rien du tout, les taux d'intérêt restent proches de zéro alors que l'inflation tourne autour des 3%.

Ce tour de passe-passe n'est pas nouveau, des pays importants comme la Grande-Bretagne, les Etats-Unis ou la France ont réussi à réduire leur dette publique de 3 à 4% de leur PIB chaque année entre 1945 et la fin des années 1970. Aujourd'hui, rebelote, c'est le même scénario qui se reproduit. Regardez simplement votre livret d'épargne, à tous les coups, il vous rapporte moins que l'inflation. C'est donc cela la fameuse... répression financière.

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