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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

19/01/10 à 15:22 - Mise à jour à 15:22

La communication, talon d'Achille de Fortis

Tant en interne qu'en externe, la communication de Fortis a été défaillante au cours des derniers mois. Herman Verwilst tente de rectifier le tir.

La communication, talon d'Achille de Fortis

Même si l'une ou l'autre valeur a pu reprendre quelques couleurs au cours de la séance de ce mercredi, il faut bien reconnaître que les valeurs bancaires ont été littéralement matraquées en Bourse depuis quelques semaines, et en premier lieu Fortis. C'est que des rumeurs lancées mardi par un journal financier hollandais faisaient état d'une nouvelle augmentation de capital. Une recherche d'argent frais qui se serait également soldée par le départ du président du conseil d'administration, Maurice Lippens. Rien que ça!

La rumeur a été aussitôt démentie par Fortis, mais hélas le mal était fait et l'action Fortis avait à nouveau dégringolé de plus de 11%, après être tombée à 7,76 euros au cours de la journée... Du jamais vu depuis 1995.

Le problème avec ce genre de rumeur, c'est qu'il ne suffit pas de démentir pour que les marchés se calment. En période de nervosité boursière comme celle que nous vivons, la moindre phrase, la moindre information ou rumeur est montée en épingle. C'était le cas encore une fois pour Fortis lorsqu'on a appris que l'autorité de contrôle des marchés financiers aux Pays-Bas allait se pencher sur les comptes de Fortis. En fait, il n'y a là rien d'exceptionnel: en Belgique, la commission bancaire fait déjà la même chose. Mais ce contrôle, qui devait être un contrôle classique, est devenu un drame planétaire et cela, uniquement du fait de la nervosité ambiante.

Il faut dire que cette nervosité boursière, la direction de Fortis l'a un peu créée elle-même. Certes, Fortis n'est pas l'unique coupable et depuis janvier 2008, les valeurs bancaires européennes ont perdu en moyenne 40% de leur valeur boursière. Mais dans le cas de Fortis, il y a eu aussi une maladresse dans la communication externe et interne. En externe, la direction a dit blanc un jour et noir le lendemain (ce qui explique que même quand Fortis dément une rumeur, personne n'y croit). Quant au personnel, il semble qu'il soit perdu et ne sache pas toujours quoi répondre aux clients qui, bien entendu, posent plein de questions dérangeantes.

Depuis hier, le patron ad interim de Fortis a contacté la plupart des médias pour battre sa coulpe et avouer que la communication de la banque n'a pas été parfaite au cours du mois de juin et de ces derniers jours. C'est déjà un pas positif, mais pour ma part, il reste un bémol: à force de vouloir cajoler les petits actionnaires, la direction ne devrait pas oublier de mieux communiquer avec ses employés. Après tout, ce sont eux les premiers ambassadeurs de Fortis.

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