Lire la chronique d'Amid Faljaoui
Lire la chronique d'Amid Faljaoui
Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

09/08/12 à 17:21 - Mise à jour à 17:21

La City plus laxiste que Wall Street ?

C'est un scandale de plus dont se serait bien privé la City, comme on surnomme place financière de Londres. Cette fois, il a frappé Standard Chartered, une banque très puissante mais quasi inconnue chez nous car 90% de ses bénéfices se font en Asie, en Afrique et au Proche-Orient. Et pourtant, cette banque britannique est accusée par les autorités de New York d'avoir contourné l'embargo financier frappant l'Iran.

Les services financiers de l'Etat de New York accusent Standard Chartered d'avoir dissimulé les transactions financières d'une valeur d'à peu près 200 milliards d'euro, avec des clients iraniens.

Des accusations vigoureusement rejetées par Standard Chartered, qui concède des "erreurs" de 14 millions de dollars et non de 200 milliards d'euros comme le disent les autorités américaines. En attendant l'issue de cette affaire, l'action de cette banque a déjà plongé fortement. Il faut dire que la banque en question joue gros dans cette affaire.

En effet, les États-Unis la menacent de l'équivalent de l'arme atomique dans le monde financier : à savoir, le retrait de sa licence sur son sol. Pour Standard Chartered, la perte de sa licence américaine signifierait que l'accès aux financements en dollars lui serait fermé. Ce serait donc l'arrêt de mort pour une institution qui avait jusqu'ici une bonne réputation, dans la mesure où elle n'a pas été prise dans le scandale financier des subprimes et donc n'a pas coûté un euro aux contribuables britanniques, contrairement à tant d'autres banques.

Mais les spécialistes pensent qu'il s'agit d'abord et avant tout d'un épisode de plus dans la rivalité entre les places financières de New York et de Londres, à savoir les deux plus grandes places financières au monde. En d'autres termes, un combat entre Wall Street et la City.

À Londres, tout l'enjeu est maintenant de contrer cette offensive médiatique qui dure depuis plusieurs semaines et qui présente la City comme une place financière laxiste.

Pour les britanniques c'est une manière vicieuse de faire oublier les propres turpitudes de Wall Street, qui sont pourtant à l'origine de cette crise. En réalité, la vérité est plus simple : l'absence d'éthique est valable des deux côtés de l'Atlantique et aucune des deux places n'a le monopole du vice. En revanche, rivalité ou pas entre New York et Londres, ce nouveau scandale ne va hélas pas redorer le blason des banquiers.

Nos partenaires