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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

11/07/12 à 15:36 - Mise à jour à 15:36

La chute de PSA Peugeot Citroën

Comment une firme comme Peugeot en est-elle arrivé là ? Pourquoi l'action du constructeur automobile français PSA Peugeot Citroën a-t-elle atteint hier la barre des 7 euros à la Bourse de Paris, à savoir son plus bas niveau historique depuis 1989 ! Vous me direz que c'est suite à l'annonce, hier, d'un plan visant à supprimer 8 000 emplois en France.

Oui, tout cela est vrai. Mais cela n'explique pas le mauvais état d'une entreprise aussi emblématique que PSA Peugeot Citroën. D'autant que, comme le rappelait le journal Le Figaro, l'été dernier le groupe - dont la réussite de la gamme premium DS était saluée - semblait en forme, engrangeant même un bénéfice semestriel de 806 millions d'euros.

Mais depuis lors, c'est la descente aux enfers. Au point que certains experts pensent que Peugeot lutte pour sa survie. En fait, les 8 000 emplois qui passent aujourd'hui à la trappe s'ajoutent aux 6 000 autres emplois supprimés l'an dernier. Ceci montre bien que la firme adapte son staff à la baisse de ses ventes !

En réalité, le groupe PSA dépend trop de l'Europe pour ses ventes de voitures. Or ce marché européen pourrait reculer de 7 % cette année, ce qui est un drame pour une firme qui réalise 60 % de ses ventes sur le Vieux Continent. Pour Renault, par exemple, l'Europe ne représente déjà plus que 53 % des volumes de ventes. Autrement dit, Renault est plus internationalisé que Peugeot et souffre donc moins de la crise qui touche l'Europe.

Et le résultat de tout cela, comme le confirmait Le Figaro, c'est que la plupart des usines européennes du groupe PSA Peugeot Citroën sont sous-utilisées et donc perdent de l'argent. En 2011, le site de Poissy tournait à 63 % de ses possibilités. Or, pour être rentable, un site doit être rempli à 75 %.

Il y a également la guerre des coûts qui fait rage en Europe. Le groupe PSA Peugeot Citroën est plombé par des coûts trop importants. En 2011, il produisait 44 % de ses voitures en France, contre 23 % seulement pour Renault, qui a davantage délocalisé en Europe de l'Est. Résultat des courses : PSA évalue à environ 700 euros la différence de coût de production entre une 208 qui est fabriquée à Poissy et la même 208 fabriquée en Slovaquie. Voilà pourquoi le groupe Peugeot Citroën a perdu plus de 75 % de sa valeur en Bourse en un an.

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