Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

26/11/12 à 10:54 - Mise à jour à 10:54

La Chine, responsable du chomâge en Europe ?

Le taux de chômage en Europe est de presque 11% et il frappe 25 millions de personnes et encore, si l'on tient compte des personnes précarisées, le taux est certainement plus élevé que 11%. Question : pourquoi ce taux de chômage et donc de pauvreté si élevé ? A cause de la crise ? Oui, bien entendu. Mais pas seulement. A cause, aussi de l'Asie et en premier lieu de la Chine.

L'Europe a un déficit commercial annuel avec la Chine de 150 milliards d'euros. Cela veut dire que la Chine exporte chez nous 150 milliards d'euros en plus que ce qu'elle importe de chez nous. En clair, cela veut dire que l'Europe exporte de la croissance, de l'activité et donc de l'emploi en Chine pour 150 milliards d'euros, c'est donc autant d'activité et donc d'emplois qui ne se créent pas chez nous. Voilà donc, l'origine d'une bonne partie de nos problèmes, y compris du chômage !

Normalement, la théorie économique dit qu'un pays qui a des excédents commerciaux doit voir sa monnaie automatiquement augmenter de valeur jusqu'à ce que ces produits soient devenus plus chers sur le marché et que ses exportations diminuent. Mais ce n'est pas le cas avec la Chine !

Pourquoi ? Parce qu'elle manipule sa monnaie et fait en sorte qu'elle soit sous-évaluée afin d'exporter plus. Elle s'arrange donc de manière habile, via une bureaucratie tatillonne pour freiner les importations. Au fond, la Chine n'importe que les matières premières et les biens d'équipement dont elle a besoin pour faire tourner ses usines et quelques biens de luxe pour assouvir les désirs de sa nomenklatura.

Et avec les 3000 milliards de dollars de réserves de change qu'elle a accumulés en 15 ans, la Chine s'arrange même pour venir en aide à la zone euro. Les Européens naïfs y voient une manière d'aider la zone euro à ne pas imploser, et les plus malins ont compris que: premièrement, elle garde à flot son principal client. Deuxièmement, elle maintient l'euro surévalué par rapport à sa propre monnaie. Voilà donc comment le déficit commercial de 150 milliards d'euros annuel avec la Chine se traduit par 150 milliards d'euros de croissance en moins et plus de chômage en Europe.

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