Lire la chronique d'Amid Faljaoui
Lire la chronique d'Amid Faljaoui
Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

14/09/11 à 09:34 - Mise à jour à 09:34

La Bourse est devenu un vrai moulin à rumeurs

Le groupe BNP Paribas a demandé au gendarme français de la Bourse "l'ouverture d'une enquête" après la publication dans le Wall Street Journal d'une tribune évoquant ses prétendues difficultés. Une information qui avait fait fortement fluctuer le cours de son action et que BNP Paribas a réfuté complètement, tout en s'étonnant qu'un journal aussi sérieux que le Wall Street Journal agisse de la sorte en publiant des informations non fondées.

BNP Paribas n'est pas la seule banque à avoir souffert des rumeurs. Le journal à sensations anglais Mail on Sunday avait évoqué dans ses colonnes que la Société Générale se trouvait au bord de la faillite. D'après le journal Le Figaro, la Société Générale aurait décidé de ne pas en rester là et demanderait 1 million d'euros de dommages et intérêts pour diffamation.

De son côté, le journal anglais Mail on Sunday avait déjà reconnu ses torts et proposé la somme de 1000 livres - soit un peu plus de 1000 euros - somme qui n'a visiblement pas été jugée suffisante par la société générale. La banque française reproche au journal à sensations, sa chute vertigineuse en bourse, chute qui a eu lieu après la publication de l'article.

Ces exemples montrent deux choses. D'abord, que les banques dont les actions sont massacrées en Bourse ne veulent plus se laisser faire et n'hésitent plus à attaquer des journaux qui diffusent des informations infondées. La seconde chose que révèlent ces deux informations, c'est que la Bourse est devenu un vrai moulin à rumeurs.

La séance boursière de ce mardi a vécu au rythme de 3 rumeurs. La première rumeur disait que les Chinois étaient à Rome ! Autrement dit, que la Chine était prête à acheter des obligations de l'Etat italien qui en a bien besoin. C'est le Financial Times qui a annoncé cette information mais qui n'a jamais été validée !

Ensuite, la deuxième rumeur, j'y ai fais allusion, c'est un article du Wall Street Journal laissant penser que BNP Paribas n'avait plus de financement en dollars, là encore, cela a été démenti immédiatement par BNP Paribas. Troisième rumeur, c'est l'agence de presse Reuters qui a annoncé de nouvelles initiatives de la part du couple Sarkozy - Merkel pour sauver la Grèce. Là encore, démenti officiel quelques minutes plus tard... Le professeur Alain Siaens de l'UCL avait raison de dire que la Bourse est une grande nerveuse, une grande trouillarde - mais en attendant, ce sont parfois plusieurs dizaines ou centaines de millions d'euros qui s'évanouissent en quelques secondes.

Nos partenaires