Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

23/12/10 à 09:17 - Mise à jour à 09:17

La Bourse a elle aussi ses petits rituels de fin d'année

Quand, en fin d'année, le cours d'une action baisse ou augmente, il ne faut pas toujours chercher une explication rationnelle derrière ce mouvement de yo-yo. La Bourse a ses petits rituels et le "maquillage de portefeuille" en fait partie.

Quand, en fin d'année, le cours d'une action baisse ou augmente, il ne faut pas toujours chercher une explication rationnelle derrière ce mouvement de yo-yo. Les habitués de la Bourse le savent bien, en fin d'année, on observe un phénomène qui s'appelle en anglais le "window dressing", en français "habillage de portefeuille"... ou, pour les plus mauvaises langues, "maquillage de portefeuille".

Comme l'explique fort bien Le Figaro, c'est une sorte de rituel propre aux gestionnaires de sicav et qui est parfaitement légal. Cela consiste en gros à nettoyer les portefeuilles des sicav, à y mettre en quelque sorte de l'ordre - mais pas n'importe quel ordre. En pratique, on sort les titres qui ont mal performé en 2010 et pour lesquels les perspectives ne sont pas bonnes. On vend ces titres et fait de la place pour des titres qui ont bien performé et disposent encore d'un potentiel de hausse.

En réalité, ce nettoyage de fin d'année ne changera pas la performance de votre sicav - ce serait évidemment trop beau - mais elle permet à votre gestionnaire de présenter un portefeuille d'actions plus "propre", si je puis dire, et de ne pas devoir se justifier sur le mauvais choix de telle ou telle action. C'est surtout important par rapport aux investisseurs institutionnels que sont par exemple les compagnies d'assurance et qui regarderont ligne par ligne les composantes d'une sicav. Autant ne plus garder des rossignols dans ces sicav !

C'est tout ce remue-ménage, ce fameux "window dressing", qui contribue en fin d'année à faire monter des actions de secteur qui ont déjà bien progressé en 2010. C'est le cas, par exemple, des secteurs du luxe, de l'automobile et de la chimie.

En outre, l'impact sur le cours de ces actions est relativement fort car, comme les volumes d'échanges sont réduits en fin d'année en Bourse, les cours grimpent plus vite. Ce n'est donc pas sorcier mais il faut le savoir. La Bourse a ses petits rituels et le "maquillage de portefeuille" en fait partie.

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