Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

30/04/14 à 10:02 - Mise à jour à 10:02

La Belgique, un pays de cocagne en terme d'immobilier

Il y a des informations qui même quand elles concernent un pays voisin font peur car, intuitivement, on se dit que cela peut arriver chez nous. C'est le cas avec le prix de l'immobilier en France, et en particulier à Paris.

Aujourd'hui, pour devenir propriétaire d'un appartement à Paris, il faut vraiment le mériter, selon des calculs très récents, pour s'offrir un trois-pièces de 56 mètres carrés dans le IV arrondissement, donc au coeur de Paris, un habitant doit payer en moyenne l'équivalent de 20 années de revenus !

Payer 20 ans de revenus pour un 56 M2, c'est complètement fou! Même si un parisien est général mieux payé que ses concitoyens situés en province, ce même parisien doit consentir des efforts financiers 2 ou 3 fois plus importants pour s'offrir un tout petit "home sweet home". C'est ce qui explique que seulement un tiers des habitants de Paris sont propriétaires de leur résidence principale, alors que la moyenne nationale est de 58% !

C'est en lisant ou en entendant ce genre de chiffres qu'on se rend compte, que malgré les difficultés, nous vivons dans un pays de cocagne. En Belgique, l'accès à l'immobilier se fait aussi plus compliqué pour une bonne partie de la population, mais les derniers chiffres du Ministère de l'Economie montrent que le marché immobilier résiste bien, et notamment parce que les Belges ont contourné les restrictions imposées par les banques, et notamment le fait qu'elles ne prêtent plus à 100 ou 120% comme elles le faisaient encore avant la crise. Les Belges contournent donc cette restriction en demandant à leur famille d'apporter une partie des fonds propres nécessaires pour pouvoir disposer quand même d'un crédit hypothécaire.

Et même si le logement est plus cher qu'auparavant, nous n'en sommes pas encore, Dieu merci, au niveau de Paris ou de Londres. Cela donne du baume au coeur de savoir que l'on vit en Belgique, même si tout n'est pas parfait chez nous non plus. En revanche, c'est vrai, les jeunes belges sont eux aussi de plus en plus exclus du logement et du marché du travail, et il faudra bien à un moment donner leur dire autre chose que : "attendez, soyez patients, l'inflation va un jour repartir, et elle effacera automatiquement une partie de notre dette publique, et donc, nous pourrons enfin nous occuper de vous, car nous aurons retrouvé de la marge budgétaire". C'est le genre de discours qui ne passe pas, et il faudra trouver autre chose pour les motiver à rester et surtout à accepter la dette publique et environnementale que nous allons leur léguer.

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