Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

26/04/10 à 12:04 - Mise à jour à 12:04

La Belgique n'est pas la Grèce

Avec le drame de BHV et l'absence de gouvernement, on est en droit de se poser la question suivante : la Belgique va-t-elle subir les foudres des marchés financiers ? Va-t-on devenir comme l'a dit un grand patron flamand : la Grèce du nord de l'Europe ? A priori, c'est plausible. Les marchés financiers détestent les incertitudes et encore moins des pays ingérables.

Avec le drame de BHV et l'absence de gouvernement, on est en droit de se poser la question suivante : la Belgique va-t-elle subir les foudres des marchés financiers ? Va-t-on devenir comme l'a dit un grand patron flamand : la Grèce du nord de l'Europe ? A priori, c'est plausible. Les marchés financiers détestent les incertitudes et encore moins des pays ingérables.

Interrogé par la presse économique, l'économiste de la banque ING est heureusement moins pessimiste que l'homme de la rue. La meilleure preuve, c'est que fin de la semaine dernière, quand l'orage politique a éclaté, les taux d'intérêts sur la dette belge ont à peine bougé. On peut dire que les traders des salles de marché n'ont pas bronché pour la simple raison que ces traders ont les yeux rivés sur la Grèce et aussi sur le Portugal. La Belgique ne fait pas peur, il y a bien des demandes d'explications, mais pour le moment, la situation politique belge n'a encore aucun impact sur le poids de notre dette publique par exemple.

Attention, cette absence d'attention n'est pas le fait du hasard. D'abord, répétons-le, la Belgique n'est pas la Grèce, nous avons un déficit budgétaire, c'est vrai, mais il est plus faible qu'ailleurs. Nous avons une dette publique, qui frôle les 100% de notre PIB, mais encore une fois, ce n'est pas un drame car l'épargne belge est énorme et une bonne partie de la dette belge est détenue par les Belges eux-mêmes. En d'autres mots, nous ne dépendons pas trop de l'étranger pour placer nos obligations d'Etat ce qui est une force que n'ont pas d'autres pays !

Et puis, à l'inverse de la Grèce, les marchés financiers nous font confiance pour redresser nos finances publiques. Nous l'avons déjà prouvé par le passé et de plus, nos comptes sont transparents et qui plus, comme notre petite économie est très ouverte vers l'international, nous bénéficions de la reprise des autres pays. Un seul exemple pour vous en convaincre, la prime à la casse adoptée par nos voisins allemands a eu plus d'impact sur notre économie que toutes les mesures prises par notre gouvernement.

Donc tout va très bien Madame la marquise ? Non, car justement, comme le faisait remarquer le chef économiste de la banque ING, le fait que le drame BHV n'ait pas d'impact économique, en tout cas immédiat, pourrait être un danger, dans le sens où il enlèverait un sentiment d'urgence pour régler cette crise politique. En réalité, le seul scénario qui pourrait provoquer la frayeur des marchés financiers, c'est l'éventualité d'un éclatement du pays pour la simple raison que la dette publique devra être divisée entre le nord et le sud... Dans le cadre de ce scénario, la dette publique belge brûlerait littéralement les doigts des créanciers étrangers mais heureusement, nous n'en sommes pas encore là.

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