Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

02/07/12 à 10:15 - Mise à jour à 10:15

La Barclays épinglée.

Le président de la banque Barclays a annoncé ce lundi qu'il quittait son poste. Pourquoi ? Parce que la presse et les hommes politiques l'accusent d'avoir manipulé le taux d'intérêt Libor, qui n'est autre que le taux d'intérêt le plus important au monde !

La banque britannique Barclays est l'une des quatre banques anglaises à avoir écopé cette semaine d'une amende record - 290 millions de livres - pour avoir tenté de manipuler le Libor, qui est le taux interbancaire de référence sur le marché londonien, mais surtout, disons le tout court, le taux d'intérêt le plus important au monde.

En effet, le taux Libor est établi quotidiennement par 16 banques et sert de référence à plus de 350 mille milliards de dollars de produits financiers. C'est énorme, c'est fou et ce taux d'intérêt, vital pour nous tous, a donc été manipulé par des banques britanniques !

Je vous en parle aujourd'hui pour deux raisons : la première, est que je vous avais livré ce scoop il y a plusieurs semaines ici même ! La seconde raison est qu'en apparence, cela a l'air technique, alors que cette affaire nous concerne tous. La manipulation du taux Libor est importante car celui-ci définit le prix auquel les banques se prêtent de l'argent. Mais il détermine également indirectement ceux des crédits aux ménages et aux entreprises. Et ce pour toute l'Europe, y compris notre chère Belgique !

Comme cela fait mauvais genre de traîner ce genre d'affaire, la banque Barclays a annoncé qu'elle allait payer au total l'équivalent de 362 millions d'euros pour mettre fin aux enquêtes des gendarmes financiers sur ses tentatives de manipulation du taux interbancaires Libor !

Pour le moment, une vingtaine de grandes banques est dans le collimateur, mais d'autres pourraient être visées. Le gouverneur de la Banque d'Angleterre a dénoncé le recours à "la tromperie comme moyen de faire de l'argent". George Osborne, le Chancelier de l'Echiquier - l'équivalent de notre Ministre des finances - a quant à lui indiqué que ce qui arrive à Barclays "est totalement inacceptable et révélateur d'un système financier qui met plus haut que tout l'appât du gain."

Cette affaire ne va à l'évidence pas redorer le blason des banquiers, qui, à ce rythme-là, préfèreront bientôt dire qu'ils sont pianistes dans des bars échangistes !

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